{"id":292,"date":"2014-09-07T21:42:13","date_gmt":"2014-09-07T19:42:13","guid":{"rendered":"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/?p=292"},"modified":"2014-09-07T21:42:13","modified_gmt":"2014-09-07T19:42:13","slug":"reflexions-sur-la-permeabilite-des-toits","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/2014\/09\/07\/reflexions-sur-la-permeabilite-des-toits\/","title":{"rendered":"R\u00e9flexions sur la perm\u00e9abilit\u00e9 des toits"},"content":{"rendered":"<div class=\"intro\">\n<p class=\"textbody\">Il existe en architecture une symbolique de l\u2019habitat, et les relations que nous entretenons avec le ciel et la terre se refl\u00e8tent sur nos murs. D\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2011, Guy-Ren\u00e9 Doumayrou \u00e9tait un architecte proche des mouvements surr\u00e9aliste et libertaire. Ce texte, publi\u00e9 en 1977 dans la revue <em>Surr\u00e9alisme<\/em>, dirig\u00e9e par Vincent Bounoure, retrace l\u2019histoire sociale et spirituelle de la construction des toits et des puits \u00e0 travers le monde. O\u00f9 l\u2019on apprend que r\u00e9sumer l\u2019abri \u00e0 une protection vis-\u00e0-vis de l\u2019ext\u00e9rieur est aussi moderne que lacunaire\u2026<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p class=\"pdf-link\"><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/toits_site.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&#8217;article en PDF<\/a><\/p>\n<p>De ce qui constitue le g\u00eete, premi\u00e8re des n\u00e9cessit\u00e9s avec le couvert, la partie fondamentale semble bien \u00eatre le toit\u00a0: il \u00e9carte ces choses excessives qui tombent, la pluie, les fl\u00e8ches droites du soleil, la glace de l&#8217;aube. Il est une large main protectrice que le groupe primitif \u00e9tend au-dessus de lui, limitant un petit monde stable soustrait aux inconstances de l&#8217;immensit\u00e9 m\u00e9t\u00e9orique, repliant un instant sur ses \u00e9paules la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 intra-ut\u00e9rine. Pourtant, l\u2019exemple des \u00eatres simples montre foison de g\u00eetes sans toit\u00a0: bien des nids d\u2019oiseaux et de mammif\u00e8res restent b\u00e9ants sous les intemp\u00e9ries, la vo\u00fbte v\u00e9g\u00e9tale formant tant bien que mal obstacle au regard aigu des pr\u00e9dateurs. Dans les conditions les plus pr\u00e9caires, c\u2019est contre les agresseurs courant au sol qu\u2019il convient d\u2019abord de se pr\u00e9munir, la belle \u00e9toile pourvoyant au reste.<\/p>\n<p>On croit savoir qu\u2019aux temps pal\u00e9olithiques le toit des cavernes fut utilis\u00e9 \u00e0 des fins magico-symboliques plut\u00f4t que fonctionnelles, les approximatifs abris sous roche surplombante (augment\u00e9s occasionnellement d\u2019une premi\u00e8re salle) suffisant \u00e0 l\u2019habitation. Malgr\u00e9 toutes ses menaces, l\u2019air libre doit continuer de drainer nos poumons, et il semble bien que la mort dans les profondeurs chtoniennes \u00e9tait trop intens\u00e9ment ressentie pour \u00eatre support\u00e9e autrement qu\u2019en des \u00e9preuves de type initiatique. Ce toit de dessous terre, ciel myst\u00e9rieux des antipodes, ne peut recouvrir que des r\u00e9alit\u00e9s d\u2019un autre monde. Les merveilleuses \u00e9glises troglodytes d\u2019\u00c9thiopie r\u00e9alisent en architecture savante un cas limite de cette mani\u00e8re archa\u00efque de voir.<br \/>\nL\u2019importance majeure accord\u00e9e au toit est signe de civilisation\u00a0: l\u2019homme pacifique fait usage du parapluie tandis que le combattant a besoin d\u2019un bouclier. Pareillement, les r\u00e9coltes peuvent \u00eatre abrit\u00e9es sous des hangars ouverts, de m\u00eame que les troupeaux en stabulation libre, lorsque les brigands ont \u00e9migr\u00e9 et que les p\u00e2turages ont pu sans risque de d\u00e9pr\u00e9dation \u00eatre cercl\u00e9s de longues cl\u00f4tures.<\/p>\n<p>Le concept d\u2019abri acquiert alors la force des superstitions. On ne veut plus travailler en plein air, affronter les intemp\u00e9ries, causes de d\u00e9sagr\u00e9ments, on enferme les ouvriers, endives actives, sous de vastes nefs o\u00f9 ils fabriquent \u00e0 un rythme soutenu des produits achev\u00e9s. Quelques man\u0153uvres sacrifi\u00e9s suffiront \u00e0 les mettre en place sous le soleil des chantiers. Et d\u2019aucuns r\u00eavent de nicher les villes tout enti\u00e8res sous des cloches isolantes, conservatrices d\u2019un printemps \u00e9ternel (Frei Otto, Buckminster Fuller). Le citadin, de la sorte d\u00e9finitivement soustrait aux humeurs galactiques, pourrait mettre en pratique un humanisme total. \u0152dipe r\u00e9incrud\u00e9, il n\u2019aurait plus rien \u00e0 faire d\u2019\u00e9nigmes ni d\u2019incestes\u00a0: il demeurerait son propre f\u0153tus, r\u00eavant ind\u00e9finiment de globules enlac\u00e9s dans des bains de couleur.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-315\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-809x1024.jpg\" alt=\"Toits\" width=\"690\" height=\"873\" \/><\/a><\/p>\n<p>Aucune technique ne peut en soi m\u00e9riter la critique (sauf bien entendu \u00e0 son niveau propre d\u2019efficacit\u00e9), mais toute technique est m\u00e9prisable si elle se donne elle-m\u00eame comme fin. Surtout, il n\u2019en est point d\u2019acceptable dont la fonction soit v\u00e9ritablement unique\u00a0: les techniques de couverture ne sont efficaces que si elles r\u00e9solvent simultan\u00e9ment des probl\u00e8mes d\u2019ouverture. La paillote et la chaumi\u00e8re laissent sans trop de difficult\u00e9 s\u2019\u00e9chapper les fum\u00e9es par les interstices des lames v\u00e9g\u00e9tales, mais il est certain que le toit est, autant que le mur, un lieu d\u2019\u00e9changes, ou de passage, en m\u00eame temps que d\u2019interception\u00a0: comme les membranes vivantes, c\u2019est un filtre. Un exemple typique de cette complexit\u00e9 de fonctions est donn\u00e9 par l\u2019habitation traditionnelle de l\u2019Asie centrale ou septentrionale, analys\u00e9e par R.-A. Stein\u00a0<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_292_1('footnote_plugin_reference_292_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_292_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">1<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_292_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Au Kamtchatka, la maison d\u2019hiver \u00e9tait une construction carr\u00e9e en bois, enti\u00e8rement envelopp\u00e9e d\u2019un tumulus isolant en terre. Au centre \u00e9tait le foyer, et au-dessus de celui-ci, le trou \u00e0 fum\u00e9e, seule source de lumi\u00e8re, \u00e9tait travers\u00e9 d\u2019un \u00e9chelier r\u00e9serv\u00e9 au passage des hommes, un tunnel horizontal \u00e9tant pr\u00e9vu pour les femmes et les enfants, car \u00ab\u00a0un prestige s\u2019attache au passage en haut \u00e0 travers la fum\u00e9e\u00a0\u00bb (p. 173).<\/p>\n<p>La tente des nomades mongols ou tib\u00e9tains reprend le m\u00eame sch\u00e9ma, sauf \u00e0 comporter une entr\u00e9e commune ordinaire sur le c\u00f4t\u00e9, l\u2019orifice z\u00e9nithal \u00e9tant appel\u00e9 cha\u00eene des foyers, \u00e9pine dorsale de la communaut\u00e9\u00a0[2. Robert Jaulin, <em>La Paix blanche<\/em>, Seuil, 1970.]. Il n\u2019y a pas si longtemps, du reste, que s\u2019est oubli\u00e9e chez nous la double \u00e9quation 1 toit = 1 feu = 1 famille, d\u00e9finissant l\u2019unit\u00e9 de base des recensements d\u00e9mographiques.<\/p>\n<p>Bien souvent, la place du foyer \u00e9tait marqu\u00e9e par une excavation. Dans la maison d\u2019hiver (en bois recouvert de terre) des Esquimaux du Groenland, cette excavation est devenue un souterrain d\u2019entr\u00e9e d\u00e9bouchant (ce qui n\u2019est sans doute pas le parti le plus commode) \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du foyer\u00a0: syst\u00e8me qui d\u00e9veloppe tout son sens dans la maison commune de l\u2019Alaska, o\u00f9 la fosse centrale, accessible par un deuxi\u00e8me tunnel, et toujours surmont\u00e9e du trou \u00e0 fum\u00e9e servant aussi de fen\u00eatre, fonctionne selon les circonstances soit comme foyer pour les bains de vapeur, soit comme cachette pour les danseurs et sorciers qui \u00e9mergent par l\u00e0 dans la salle\u00a0; soit enfin comme refuge pour les esprits qui \u00ab\u00a0regardent\u00a0\u00bb alors, \u00e0 travers les planches dont elle est recouverte, les danses rituelles et re\u00e7oivent par la m\u00eame voie les offrandes du public. Cette forme \u00e9labor\u00e9e de \u00ab\u00a0foyer\u00a0\u00bb rend \u00e9vidente son importance comme domicile d\u2019une puissance tut\u00e9laire assimilable au feu souterrain, fontaine de vie. Pour plus correctement canaliser une aussi pr\u00e9cieuse force, les Indiens pueblos, en Am\u00e9rique du Nord, n\u2019ont pas invent\u00e9 une autre formule. Ils creusent des temples souterrains, les kiva, vastes fosses cylindriques qu\u2019ils recouvrent d\u2019un plancher perc\u00e9 en son centre\u00a0; au fond, un foyer appel\u00e9 \u00ab\u00a0ours\u00a0\u00bb (animal puissant qui habite les grottes) est situ\u00e9 au pied d\u2019une \u00e9chelle conduisant \u00e0 l\u2019ouverture et nomm\u00e9e \u00ab\u00a0arc-en-ciel\u00a0\u00bb\u00a0; avec deux ou trois autres dispositifs accessoires, ils ont tout ce qu\u2019il faut pour attirer les esprits protecteurs dans ce s\u00e9jour choisi\u00a0[3. Catalogue de l\u2019exposition \u00ab\u00a0Symbolisme cosmique et monuments religieux\u00a0\u00bb, mus\u00e9e Guimet, 1953.].<\/p>\n<p>On trouvera par contraste que les esprits souterrains \u00e9taient fort n\u00e9gligemment trait\u00e9s dans la cabane gauloise dont le foyer \u00e9tait d\u00e9port\u00e9 lat\u00e9ralement, pour laisser la place, sous le trou \u00e0 fum\u00e9e, et au milieu d\u2019une d\u00e9pression du sol, \u00e0 un puisard recouvert d\u2019une claie en bois, qui recueillait les eaux pluviales et domestiques. Un tel parti n\u2019est pourtant peut-\u00eatre pas aussi grossi\u00e8rement fonctionnel qu\u2019il n\u2019y parait. Le puisard central, en effet (toujours d\u2019apr\u00e8s R.-A. Stein), a \u00e9t\u00e9 le pivot de la maison traditionnelle dans la Chine ancienne, depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Aussi ferm\u00e9e sur l\u2019ext\u00e9rieur que les huttes de terre, elle groupait toutes ses pi\u00e8ces en carr\u00e9 autour d\u2019une cour centrale plus ou moins vaste d\u2019o\u00f9 lui venaient l\u2019air et la lumi\u00e8re, et qu\u2019on appelait \u00ab\u00a0puits du ciel\u00a0\u00bb. Au milieu de la cour se trouvait donc un \u00ab\u00a0puisard central\u00a0\u00bb qui, pour \u00eatre souvent une sorte de bourbier, n\u2019en abritait pas moins la principale des cinq divinit\u00e9s domestiques. Or qui ne reconnait l\u00e0 l\u2019impluvium ornant le centre de l\u2019atrium, \u00e0 l\u2019emplacement o\u00f9 primitivement se trouvait le foyer de la maison romaine, non moins ferm\u00e9e sur la rue que son homologue orientale\u00a0? Cette maison ne faisait que perp\u00e9tuer son mod\u00e8le grec, et l\u2019atrium a surv\u00e9cu jusque chez nous sous la forme du patio. Le plein \u00e9tant l\u2019\u00e9quivalent de son vide, on peut dire que le m\u00e2t central, \u00e9chelier mythologique, de la hutte n\u00e9o-cal\u00e9donienne, avec ses figures d\u2019anc\u00eatres et son ornement de fa\u00eetage, r\u00e9sume tr\u00e8s simplement cette longue th\u00e9orie. Inversement, les montagnards du Nord-Cameroun, habitants d\u2019une zone tr\u00e8s aride, en ont magnifi\u00e9 le sens \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du village en construisant au sommet de leur bourg-forteresse des cases qui, des\u00adtin\u00e9es aux anc\u00eatres, sont semblables aux autres habitations, mais d\u00e9pourvues de toit. En bas du village se trouve l\u2019entr\u00e9e\u00a0[4. \u00ab\u00a0L\u2019habitat au Cameroun\u00a0\u00bb, par un groupe d\u2019\u00e9l\u00e8ves architectes, \u00c9ditions de l\u2019Union fran\u00e7aise, Paris, 1952.], et ces coques vides, l\u00e0-haut, sont bien pour tous des \u00ab\u00a0arches dans le ciel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ayant d\u00e9gag\u00e9 ce qui fait l\u2019unit\u00e9 profonde de ces th\u00e8mes, peut-on appeler \u00ab\u00a0arc-en-\u00adciel\u00a0\u00bb la cage d\u2019ascenseur de nos \u00e9difices urbains, somm\u00e9e de son \u00e9dicule technique et de l\u2019antenne t\u00e9l\u00e9 collective\u00a0? On sourit un peu jaune\u00a0: nulle renaissance dans un autre monde ne saurait \u00eatre sugg\u00e9r\u00e9e par ces dispositifs \u2013 rien de plus qu\u2019une plong\u00e9e dans une infra-vie min\u00e9ralis\u00e9e, ti\u00e8de et impersonnelle. Il est \u00e9vident que la \u00ab\u00a0porte du ciel\u00a0\u00bb est une ouverture sur l\u2019invisible-indicible, monde de l\u2019incommensurable dont notre soci\u00e9t\u00e9 ne se soucie pas, m\u00eame si ses \u0153uvres se conforment parfois, par la force des choses, aux sch\u00e9mas traditionnels. Ceux-ci ne s\u2019imposent pas n\u00e9cessairement et, pour prendre un exemple assez neuf, constatons que le Pompidolium, Grand Moulin \u00e0 Culture, s\u2019\u00e9tant voulu ouvert \u00e0 toutes les initiatives, ne saurait canaliser la moindre inspiration. Sur le plateau aride de son toit, un diad\u00e8me de buses de climatisation serti de caissons m\u00e9caniques semble disperser \u00e0 la face du ciel comme un monstrueux bourbier \u00e9ruptif. On sait de reste qu\u2019il ne s\u2019agit ici que de moudre la poudre aux yeux des faibles d\u2019esprit.<\/p>\n<p>Pourtant, le moindre monument peut engager le dialogue symbolique. La maison malgache, qui n\u2019\u00e9tait souvent qu\u2019un rectangle couvert en b\u00e2ti\u00e8re, inscrivait syst\u00e9matiquement le ciel vivant dans ses murs par son orientation et la d\u00e9dicace zodiacale de douze points d\u00e9finis de leur p\u00e9rim\u00e8tre, ce qui se traduisait concr\u00e8tement par l\u2019attribution d\u2019une fonction domestique immuable \u00e0 chacun de ces points\u00a0[5. G. Julien, \u00ab\u00a0Madagascar\u00a0\u00bb, dans <em>L\u2019habitation indig\u00e8ne, La Terre et la vie<\/em>, Paris, 1931.]. Il fut un temps, qui est presque tout le temps des origines jusqu\u2019\u00e0 hier, o\u00f9 l\u2019homme avait donc la connaissance d\u2019un ordre du monde, distinct de l\u2019ordre naturel, vis-\u00e0-vis duquel son habitation, et plus sp\u00e9cialement son toit, n\u2019\u00e9tait pas seulement une carapace protectrice, mais surtout une zone de contact privil\u00e9gi\u00e9e, homologue pour la communaut\u00e9 de ce qu\u2019est pour l\u2019individu la vo\u00fbte cr\u00e2nienne, qu\u2019on voit se couronner d\u2019or chez le transgresseur. La p\u00e9n\u00e9tration de la pluie et l\u2019\u00e9chapp\u00e9e des odeurs et fum\u00e9es des sacrifices, car toute cuisine \u00e9tait sacrificielle\u00a0[6. Marcel Detienne, \u00ab\u00a0La Viande et le sacrifice en Gr\u00e8ce antique\u00a0\u00bb, dans <em>La Recherche<\/em>, n<sup>o<\/sup>\u00a075, f\u00e9v. 1977.], par l\u2019ouverture z\u00e9nithale \u00e9tait \u00e0 comprendre symboliquement, c\u2019est-\u00e0-dire sur plusieurs registres de connaissance.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-314\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-2-563x1024.jpg\" alt=\"Toits 2\" width=\"563\" height=\"1024\" \/><\/a><\/p>\n<p>Avec le d\u00e9veloppement des civilisations urbaines et le raffinement cons\u00e9cutif des techniques de construction, on assiste n\u00e9cessairement \u00e0 une diversification grandissante des formes symboliques. En Gr\u00e8ce, c\u2019est sur le fronton que se rassemblent les embl\u00e8mes, au point qu\u2019on a pu dire que \u00ab\u00a0le fronton n\u2019a pas pour origine le toit\u00a0\u00bb\u00a0[7. \u00c9mile Soldi-Colbert de Beaulieu, <em>Le temple et la fleur<\/em>, Achille Heymann, Paris 1899, page 97.]. On doit au moins reconna\u00eetre qu\u2019il en exprime bien la dynamique comme la forme\u00a0; au reste, des temples \u00ab\u00a0hyp\u00e8thres\u00a0\u00bb (\u00e0 toiture ouverte au centre) ont exist\u00e9, mais on ignore dans quelle mesure ils \u00e9taient la r\u00e8gle ou l\u2019exception. Soldi voyait en tout fronton grec une repr\u00e9sentation de l\u2019acte cr\u00e9ateur divin, l\u2019ant\u00e9fixe \u00e9tant l\u2019image du Soleil, ou Verbe, et les rampants son rayonnement. L\u2019entablement formant la base du triangle figure alors le ciel physique avec ses nu\u00e9es (les mutules), ses foudres (les m\u00e9topes) et ses averses (les triglyphes). Interpr\u00e9tation descriptive encore entach\u00e9e du parti-pris m\u00e9caniste du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, que l\u2019on peut reprendre en termes de dynamisme d\u2019\u00e9change. Le fronton triangulaire met en \u00e9vidence la n\u00e9cessaire dualit\u00e9 de la manifestation \u2013 je lie et je d\u00e9lie \u2013 d\u00e8s qu\u2019elle \u00e9mane du principe non manifest\u00e9. Le Soleil, son agent visible, dans l\u2019une de ses aventures mythologiques, se pr\u00e9sente sur le seuil de cette \u00ab\u00a0porte du ciel\u00a0\u00bb, avec les sculptures qui ornent le champ du fronton et remplissent de leur vitalit\u00e9 l\u2019espace cr\u00e9\u00e9 par la fuite divergente des deux p\u00f4les. De la diversit\u00e9 des th\u00e8mes ornementaux, on peut d\u00e9gager le constant paradigme\u00a0: par le triangle, signe de feu, descend la volont\u00e9 cr\u00e9atrice et remonte le d\u00e9sir d\u2019union activant l\u2019\u0153uvre solaire\u00a0; ce feu pleure par les triglyphes, la pluie entretenant la frondaison du p\u00e9ristyle qui est la vie, sacrifice perp\u00e9tuel dont il se soutient.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-317\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-3-541x1024.jpg\" alt=\"Toits 3\" width=\"541\" height=\"1024\" \/><\/a><\/p>\n<p>Sans doute est-on en droit de penser qu\u2019une telle analyse vaut pour toute toiture \u00e0 deux pans. Il faut n\u00e9anmoins rendre \u00e0 Soldi la justice de reconna\u00eetre que le fronton a fr\u00e9quemment accus\u00e9 son ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis du comble, dans l\u2019architecture romane et, par la suite, plus encore, au point de devenir sous la forme du g\u00e2ble un motif strictement ornemental. La verve baroque l\u2019a repris avec une constance soutenue et une vari\u00e9t\u00e9 in\u00e9puisable qu\u2019illustrent ces deux maisons polonaises du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, remarquables par la vigoureuse simplicit\u00e9 de leur th\u00e8me. L\u2019une \u00e9claire son pignon de dix lumi\u00e8res fictives arrang\u00e9es dans l\u2019ordre de la divine t\u00e9traktys pythagoricienne\u00a0: un, plus deux, plus trois, plus quatre font dix. L\u2019autre le recoupe des multiples degr\u00e9s de la sublimation alchimique, explicit\u00e9e par une double th\u00e9orie de figures animales tout droit sorties du bestiaire de Basile Valentin\u00a0: le lion, le griffon, l\u2019aigle et enfin le cygne \u00ab\u00a0&#8230; afin que le chant des cygnes puisse \u00eatre entendu et, de leur adieu, les tons musicaux exprim\u00e9s\u00a0\u00bb\u00a0[8. Basile Valentin, <em>Les douze clefs de la philosophie<\/em>, \u00c9ditions de Minuit, Paris, 1956, page 155.].<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-316\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Toits-4-619x1024.jpg\" alt=\"Toits 4\" width=\"619\" height=\"1024\" \/><\/a><\/p>\n<p>Cependant, avec ou sans fronton, le toit en b\u00e2ti\u00e8re pos\u00e9 sur des architectures de plus en plus savantes voyait s\u2019affaiblir sa fonction symbolique. Le trou \u00e0 fum\u00e9e, porte du ciel, ayant perdu sa raison d\u2019\u00eatre pratique, il fallait de nouveaux moyens d\u2019attirer et recueillir cette \u00ab\u00a0eau\u00a0\u00bb capable d\u2019entretenir le feu du foyer, tout en \u00e9cartant les eaux vulgaires utiles seulement aux v\u00e9g\u00e9taux. D\u2019o\u00f9 en Chine ce rel\u00e8vement des pointes de tous les ar\u00eatiers, en doigts de main ouverte comme pour qu\u00e9mander, d\u2019o\u00f9 ces dragons qui par-dessus les chaumes, les tuiles ou les bardeaux de bois, du Pacifique \u00e0 la Norv\u00e8ge, rameutent les esprits a\u00e9riens. Les acrot\u00e8res antiques, o\u00f9 l\u2019on retrouve la palme solaire, les serpents ou les sphinx, ne sont pas de nature diff\u00e9rente. Ils se mouleront plus tard dans le dessin de la croix, croix grecque transform\u00e9e en signe rayonnant, puis deviendront fleurons et pinacles foisonnants \u2013 pour filer maigrement dans l\u2019acier rouill\u00e9 des paratonnerres et s\u2019entortiller \u00e0 la fin dans l\u2019inox des antennes, lorsque le ciel ne sera plus que le v\u00e9hicule du boniment.<\/p>\n<p>D\u00e8s le moment o\u00f9 les fum\u00e9es furent contraintes de cheminer dans des tuyaux, les souches devinrent l\u2019orgueil des toitures et, vers la Renaissance, on en fit ces monuments sculpt\u00e9s exaltant, comme \u00e0 Chambord qui est un palais inchauffable, un fastueux po\u00e8me \u00e9pique sur le th\u00e8me du mitron d\u2019ornement. Il est symptomatique que la chemin\u00e9e, massivement orn\u00e9e d\u2019embl\u00e8mes hi\u00e9roglyphiques dans les demeures philosophales, ou coin de feu paysan qui r\u00e9chauffait en hiver la m\u00e9moire po\u00e9tique des anciennes traditions, si elle \u00e9tait encore le foyer du groupe familial, ne tenait plus qu\u2019un r\u00f4le fonctionnel et all\u00e9gorique. On peut encore occasionnellement voir danser quelque bon diable sur les b\u00fbches, mais nul ne saurait entrevoir d\u2019arc-en-ciel dans ce canal de suie, et le P\u00e8re No\u00ebl, ange en d\u00e9tresse, n\u2019y descend qu\u2019avec un merveilleux de pacotille.<\/p>\n<p>Le toit est quelque part au-dessus, parfaitement \u00e9tanche. Fossile d\u2019un rituel enfoui sous les dalles du confort m\u00e9canis\u00e9, le feu de bois est devenu, dans le th\u00e9\u00e2tre rustique des habitations secondaires, le substitut dominical du petit \u00e9cran, l\u2019alibi du citadin honteux. Quant au puisard qui \u00e9tait parfois au centre, supportable, significatif, trou d\u2019ombre o\u00f9 se mirait la porte du ciel, le voici rejet\u00e9, \u00e9clat\u00e9, foisonnant sur les terres et les mers et, vindicatif, polluant le monde entier.<\/p>\n<p>Acrot\u00e8res et pinacles cependant, par la verve des architectes ayant ma\u00eetris\u00e9 les mat\u00e9riaux, sont devenus poivri\u00e8res, clochetons, pagodes, chapeaux pointus qui portent bien haut, isol\u00e9ment ou par bouquets, l\u2019image du mercure philosophique, dragon, coq, globe rayonnant. Bien souvent, le clocher ou le donjon mat\u00e9rialisait le foyer d\u2019une agglom\u00e9ration, comme un autre \u00e9chelier. Mais la silhouette chantante de toitures fusel\u00e9es qui allument sur les ch\u00e2teaux, les cath\u00e9drales, les cit\u00e9s, un incendie de pierre sublim\u00e9e, a fini par se diluer dans les brumes plates des combles habitables et des lucarnes en chapelets.<\/p>\n<p>Entre-temps se sont pr\u00e9sent\u00e9s les d\u00f4mes. Les grandes coupoles ont conserv\u00e9 la cl\u00e9 de lumi\u00e8re \u00e0 leur fa\u00eete et, en fait de bourbier central, celle des Invalides, la plus belle de Paris, pr\u00e9sente une solution exemplaire\u00a0: tout ce qui vaque comme esprit rampant vient d\u00e9verser dans cette fosse de marbre le trop-plein de ses r\u00eaves de rapines. La coupole semble h\u00e9rit\u00e9e de la hutte la plus primitive, mais elle a dormi longtemps sous les tumulus fun\u00e9raires ou les grands entassements de pierres s\u00e8ches des plateaux calcaires. Elle ne put acqu\u00e9rir sa forme h\u00e9misph\u00e9rique de dimensions respectables qu\u2019avec l\u2019apparition de tailleurs de pierre de grande habilet\u00e9. Tout naturellement, elle \u00e9voque la vo\u00fbte c\u00e9leste\u00a0; cependant, le d\u00f4me qui la couvre appara\u00eet comme un monde flottant sur le lit des toitures, ce monde qui est embl\u00e8me de puissance imp\u00e9riale. C\u2019est pourquoi son architecture s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e dans la Rome antique et plus tard, en Europe, lorsque l\u2019\u00c9glise tint \u00e0 affirmer son pouvoir temporel.<\/p>\n<p>Byzance en avait pourtant assur\u00e9 la gloire sur un th\u00e8me plus inspir\u00e9, car le soul\u00e8vement pyramidal, en demi-sph\u00e8res s\u2019\u00e9tayant mutuellement, de l\u2019\u00e9glise grecque \u00e9tait la reconnaissance avou\u00e9e de son homologie spirituelle avec le fourneau philosophique. En effet, c\u2019est en construisant des fours que le ma\u00e7on apprit l\u2019art d\u00e9licat d\u2019appareiller les claveaux sph\u00e9riques, et c\u2019est en surveillant des fours que le penseur saisit les lois de la circulation des esprits. Le d\u00f4me est alors reconnu, non pas comme l\u2019enflure d\u2019orgueil d\u2019une caste, mais comme le ciel d\u2019une caverne artificielle, coque de l\u2019\u0153uf symbolique o\u00f9 s\u2019accomplit une m\u00e9tamorphose, la revitalisation d\u2019un petit monde.<\/p>\n<p>Comme cet \u0153uf mythique qui, empli de ros\u00e9e, s\u2019\u00e9l\u00e8ve tout seul dans l\u2019air, aspir\u00e9 par les rayons du soleil, on voit le d\u00f4me se d\u00e9tacher, sous les climats \u00e9blouis de neige des Alpes \u00e0 la Russie, et se refermer en bulbes ardents \u00e0 escalader les pinacles. Le bulbe\u00a0; r\u00e9serve de vitalit\u00e9 physique, passant dans le ciel, monde des principes, marque l\u2019aboutissement des sublimations. C\u2019est ce que ne manque pas de souligner fr\u00e9quemment \u00e0 son sommet (en Russie) le profil du croissant de lune couch\u00e9 comme une barque pour laisser fuser l\u2019embl\u00e8me rayonnant pr\u00e9text\u00e9 par la croix de fer forg\u00e9. Sans n\u00e9cessit\u00e9 de travestissement, l\u2019\u00e9toile se retrouve exactement dans la m\u00eame situation que cette croix, en Islam o\u00f9 la tradition du d\u00f4me byzantin s\u2019est perp\u00e9tu\u00e9e&#8230; \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9toile traditionnelle qui sert de guide aux Philosophes et leur indique la naissance du fils du soleil\u00a0\u00bb\u00a0[9. Fulcanelli, <em>Le myst\u00e8re des cath\u00e9drales<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9dition, \u00c9ditions des Champs-\u00c9lys\u00e9es, Paris, 1957, page 129.].<\/p>\n<p>La force du mim\u00e9tisme naturel est si grande que si l\u2019on construit de nos jours encore des d\u00f4mes, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour les besoins de l\u2019astronomie d\u2019observation. Cependant, leur ouverture est m\u00e9ridienne au lieu d\u2019\u00eatre polaire et ne promet aucun \u00e9change m\u00e9tamorphosant. Nous sommes parvenus au temps o\u00f9 le toit, comme \u00e9l\u00e9ment sp\u00e9cifique des constructions, est sur le point de disparaitre. Si les fabricants de tuiles font encore d\u2019excellentes affaires, c\u2019est \u00e0 coup s\u00fbr parce que des Int\u00e9r\u00eats \u00ab\u00a0bien compris\u00a0\u00bb et bien soutenus s\u2019emploient efficacement \u00e0 maintenir la survivance routini\u00e8re d\u2019un attachement aveugle \u00e0 des formes mortes. Les techniques d\u2019aujourd\u2019hui, et \u00e0 plus forte raison celles de demain, n\u2019ont \u00e0 faire aucune diff\u00e9rence entre les parties horizontales ou verticales des parois, pas plus que les primitifs proc\u00e9d\u00e9s utilisant les feuillages, la terre glaise ou la pierre s\u00e8che. Et il est fort hasardeux de pr\u00e9tendre qu\u2019une t\u00f4le emboutie, ou une coque moul\u00e9e en r\u00e9sine synth\u00e9tique, sont moins naturelles qu\u2019une plaque de terre estamp\u00e9e, cuite au four continu. Seule la d\u00e9mission g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019imagination, perdue avec armes et bagages dans les sables mouvants de la litt\u00e9rature, a pu laisser se d\u00e9velopper cette forme de jugement. Il n\u2019y a pas plus de mat\u00e9riaux que de familles \u00ab\u00a0nobles\u00a0\u00bb. Ce qui est ignoble, c\u2019est la mani\u00e8re de les \u00e9laborer et de les mettre en \u0153uvre impos\u00e9e par la finance aux industries. Que l\u2019\u00e9conomie soit \u00ab\u00a0lib\u00e9rale\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0planifi\u00e9e\u00a0\u00bb, le r\u00e9sultat est \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame\u2009: nous vivons sous un toit de facture \u00ab\u00a0traditionnelle\u00a0\u00bb construit par n\u2019importe qui et sans joie. Ce n\u2019est pas notre toit. Ces dermatoses de la terre que sont les villes d\u2019aujourd\u2019hui, purulentes de gratte-ciels, pernicieuses dans leurs quartiers \u00ab\u00a0r\u00e9sidentiels\u00a0\u00bb, ne sont pas nos cit\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le cas o\u00f9 l\u2019industrie se d\u00e9prendrait de ses m\u00e9galomanies, rien n\u2019interdirait de r\u00e9ins\u00e9rer les nouvelles solutions techniques dans les structures vitales du symbolisme. L\u2019important serait d\u2019avoir les lumi\u00e8res d\u2019une pens\u00e9e vraiment libre. D\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, le couple bloc technique (chauffage et sanitaire) et bloc \u00e9nerg\u00e9tique (\u00e9olienne et capteur solaire) est concevable comme articulation de base. Les toits sont pr\u00eats \u00e0 tout et plus sp\u00e9cialement \u00e0 servir de jardins (l\u2019immeuble d\u2019Henri Sauvage, rue Vavin, date de 1913), mais, pr\u00e9f\u00e9rablement, \u00e0 s\u2019assembler en \u00e9cailles sur le dos d\u2019un dragon qui s\u2019appellerait Villeneuve-l\u2019\u00c9toile. Son corps transparent comme un grand corail laisserait couler les vents et les fant\u00f4mes\u00a0; son ventre maternel, ample et empli de tr\u00e9sors m\u00e9moriaux, entretiendrait le go\u00fbt et l\u2019id\u00e9e dans des globes aux entrem\u00ealements \u00e9garants-sp\u00e9culaires\u00a0; de sa t\u00eate haute, aux antennes cr\u00e8ve-temps, tomberait doucement la pluie d\u2019or des \u00e9nergies pond\u00e9r\u00e9es, toujours reprise par les fum\u00e9es rebelles de l\u2019imagination. Il se tiendrait sur une terre de feu.<\/p>\n<p><strong>Paru dans la revue <em>Surr\u00e9alisme 2<\/em>, \u00e9d. Savelli, dir. Vincent Bounoure, 1977.<\/strong><br \/>\n<strong>Ce texte a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 traduit en espagnol dans la revue <a href=\"http:\/\/gruposurrealistademadrid.org\/ediciones\/salamandra\"><em>La Salamandra<\/em>, n \u00b0 15-16<\/a>, <strong>en 2006, <\/strong>publication du Groupe surr\u00e9aliste de Madrid, \u00e0 qui nous devons cette pr\u00e9sente republication en ligne.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Surre\u0301alisme.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-318\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Surre\u0301alisme-584x1024.jpg\" alt=\"Surre\u0301alisme\" width=\"584\" height=\"1024\" \/><\/a><\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_292_1();\">Notes<\/span><span class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_292_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_292_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_292_1\" style=\"\"> <table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_292_1('footnote_plugin_tooltip_292_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_292_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>1<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> R.-A. Stein, \u00ab\u00a0Architecture et pens\u00e9e religieuse en Extr\u00eame-Orient\u00a0\u00bb, dans <em>Arts asiatiques,<\/em> t. IV &#8211; fasc. 3, PUF, Paris, 1957.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_292_1() { jQuery('#footnote_references_container_292_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_292_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_292_1() { jQuery('#footnote_references_container_292_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_292_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_292_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_292_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_292_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_292_1(); } } function footnote_moveToAnchor_292_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_292_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.34 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il existe en architecture une symbolique de l\u2019habitat, et les relations que nous entretenons avec le ciel et la terre se refl\u00e8tent sur nos murs. D\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2011, Guy-Ren\u00e9 Doumayrou \u00e9tait un architecte proche des mouvements surr\u00e9aliste et libertaire. Ce texte, publi\u00e9 en 1977 dans la revue Surr\u00e9alisme, dirig\u00e9e par Vincent Bounoure, retrace l\u2019histoire sociale [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":669,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[28],"tags":[25,26,27,29],"class_list":["post-292","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-terrains-vagues","tag-architecture","tag-guy-rene-doumayrou","tag-surrealisme","tag-urbanisme"],"wps_subtitle":"Tristes couvertures et divines ouvertures en architecture","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=292"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}