{"id":3690,"date":"2017-03-21T19:02:33","date_gmt":"2017-03-21T18:02:33","guid":{"rendered":"http:\/\/jefklak.org\/?p=3690"},"modified":"2017-03-21T19:02:33","modified_gmt":"2017-03-21T18:02:33","slug":"les-pieds-dans-les-etriers","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/2017\/03\/21\/les-pieds-dans-les-etriers\/","title":{"rendered":"Les pieds dans les \u00e9triers"},"content":{"rendered":"<div class=\"intro\">\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;<em>Je lui racontai les \u00e9triers, je lui dis que je me servais de moi parce que je m\u2019avais sous la main, mais que je voulais nous \u00e9crire, nous-femmes, nous-filles, \u201cEt puis tu as de l\u2019exp\u00e9rience en la mati\u00e8re\u201d, \u00e7a, on rigole tous les deux, et je lui dis mes amies proches, je ne lui raconte rien de qui, je lui dis, je fais la liste et \u00e7a m\u2019enrage, je lui dis, ce texte il est l\u00e0 pour nous, pour moi-nous, parce que je ne supporte plus de nous voir serrer les dents&#8230;<\/em>&#160;\u00bb<\/p>\n<p class=\"textbody\">Cet article est le premier d&#8217;une s\u00e9rie de six publications issues du troisi\u00e8me num\u00e9ro de <em><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/revue-papier\/\" rel=\"noopener\" target=\"_blank\">Jef Klak<\/a><\/em>, \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/jefklak.org\/?page_id=2936\">Selle de ch&#8217;val<\/a>&#160;\u00bb, et publi\u00e9es en ligne \u00e0 l&#8217;occasion de la sortie du nouveau num\u00e9ro, \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/jefklak.org\/?page_id=3711\">Ch&#8217;val de course<\/a>&#160;\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"pdf-link\">T\u00e9l\u00e9charger l&#8217;article en <a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Etriers_Site_JK.pdf\">PDF<\/a>.<\/p>\n<p>Illustrations : Double Bob<\/p>\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;Descendez plus les fesses, l\u00e0, \u00e0 la limite de la table, et maintenant relevez les fesses, encore, plus haut.&#160;\u00bb Il est impatient, agac\u00e9. \u00c0 la main, comme un bras \u00e0 soupe, au lieu de la lame, comme un roulement \u00e0 bille. \u00ab&#160;Vous \u00eates vierge&#160;?&#160;\u00bb Non, j\u2019ai 17 ans, ma m\u00e8re attend dans la pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9, non, je ne suis plus vierge, et lui ne semble pas beaucoup plus vieux. \u00ab&#160;Non&#160;? Alors j\u2019y vais.&#160;\u00bb Et il y va, il entre bien \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, je sens le plastique de ses gants, je transpire, mes fesses redescendent toutes seules, c\u2019est mon ventre qui les arr\u00eate, harponn\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur, bloqu\u00e9 par une barre horizontale, qui va \u00e0 droite, qui fouaille \u00e0 gauche, appuie, cherche. Je regarde l\u2019\u00e9cran, et j\u2019ai peur, l\u00e0 mon ovaire gauche recouvert, des dizaines de petites boules \u00e0 l\u2019assaut, dans une lumi\u00e8re verte, dans les profondeurs, \u00ab&#160;des microkystes, ce n\u2019est rien&#160;\u00bb,<em> blang<\/em>, grand retournement du m\u00e2t, il part \u00e0 droite, c\u2019est moins facile, doit y avoir des replis, enfin apparaissent deux sph\u00e8res, l\u2019ovaire droit et son kyste jumeau, il appuie bien, l\u2019image se d\u00e9forme, instantan\u00e9, diam\u00e8tre, et d\u2019un geste, il sort le bras \u00e0 soupe de mon vagin, sort la main de son gant, sort le bras \u00e0 soupe du pr\u00e9servatif. Je me rhabille, je sors de la pi\u00e8ce, j\u2019ai 17 ans, j\u2019avais fait l\u2019amour avec deux gar\u00e7ons aim\u00e9s, amoureux, doux, d\u00e9sirants, mon sexe s\u2019\u00e9tait dilat\u00e9, mouill\u00e9, j\u2019ai 17 ans et on vient de m\u2019enfoncer un bras \u00e0 soupe dans le vagin, avec agacement parce que je ne l\u00e8ve pas assez les fesses, avec agacement parce que mon corps se planque, parce que mes cuisses se referment. Les \u00e9triers emp\u00eachent mes pieds de fuir&#160;: ils m\u2019ouvrent.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Quelques jours plus tard, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, une infirmi\u00e8re sorci\u00e8re d\u00e9barque le soir dans ma chambre. \u00c0 la main, un rasoir. \u00ab&#160;Baissez votre pantalon. On ne vous a pas pr\u00e9venue&#160;? Je dois vous raser tout le pubis.&#160;\u00bb Mon sexe de petite fille.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Le lendemain, au bloc, on m\u2019attache les bras, les jambes, j\u2019ai froid, face \u00e0 moi, entre mes jambes, une t\u00e9l\u00e9, j\u2019y vois mon reflet, l\u2019anesth\u00e9siste est en retard, l\u2019\u00e9quipe quitte le bloc, ils m\u2019oublient, une infirmi\u00e8re passe, me couvre d\u2019une couverture, j\u2019attends attach\u00e9e, et quand ils reviennent, bien plus tard, je leur souris.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-062.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-062-498x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"498\" height=\"1024\" class=\"alignleft size-large wp-image-3701\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;Et vous savez ce que c\u2019est&#160;?&#160;\u00bb Je suis nue, demi-nue, les pieds dans les \u00e9triers, la vulve bien ouverte, et je r\u00e9ponds bravement, souriante. Les follicules, c\u2019est comme des poches dans l\u2019ovaire qui contiennent les futurs ovules, non&#160;? Il me regarde atterr\u00e9, m\u00e9prisant. \u00ab&#160;C\u2019est bien la peine de donner des cours d\u2019\u00e9ducation sexuelle au lyc\u00e9e, on vous a donc rien appris.&#160;\u00bb J\u2019ai 33\u2009ans, on doit me compter les follicules pour savoir si ma r\u00e9serve ovarienne n\u2019est pas \u00e9puis\u00e9e, si je peux tomber enceinte. Encore maintenant, je trouve ma d\u00e9finition pas si mauvaise, lui ne m\u2019en donne aucune, il m\u2019enfonce un gode m\u00e9dical, ses gestes sont brutaux, il peste. C\u2019est un gros connard, sorti d\u2019une grosse voiture, un 4&#215;4 flambant, pas une trace de terre, en le voyant, je pense au maire d\u2019une ville c\u00f4ti\u00e8re, cette arrogance de l\u2019huile, qui va \u00e0 sa mairie, qui va \u00e0 sa clinique priv\u00e9e, et c\u2019est son pouvoir qui lui tient lieu de courage, alors qu\u2019en face, on serre les dents et on tient bon, et j\u2019aimerais que nous les tartinions de leur m\u00e9pris comme d\u2019une merde \u00e9paisse. Au lieu de quoi, je suis nue, seule, le vagin enfonc\u00e9.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Cette fois-ci, il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9triers. Je sors nue de la cabine de d\u00e9shabillage, j\u2019entre dans une grande pi\u00e8ce&#160;; \u00e0 droite, une immense machine radio, \u00e0 gauche, la vitre de protection pour les radiologues. Une femme m\u2019accueille. Je suis soulag\u00e9e. \u00ab&#160;On attend le m\u00e9decin&#160;\u00bb, je suis d\u00e9\u00e7ue, c\u2019est une infirmi\u00e8re. Entre le m\u00e9decin, et c\u2019est le gros connard au 4&#215;4, je suis d\u00e9j\u00e0 nue, allong\u00e9e, il me parle, j\u2019ai le nez dans sa ceinture, \u00e0 sa vue mon corps s\u2019est crisp\u00e9. \u00ab&#160;Et vous \u00eates l\u00e0 pour quoi&#160;? Ah infertilit\u00e9, oui, hum, st\u00e9rile. Et vous faites quoi comme m\u00e9tier, journaliste&#160;?&#160;\u00bb Il m\u2019en dit du mal, je m\u2019en fous, j\u2019en pense aussi, je ne veux plus rien lui dire, je proteste par politesse. Son ton devient sec. \u00ab&#160;Vous ne croyez quand m\u00eame pas que \u00e7a m\u2019int\u00e9resse, je discute juste pour vous d\u00e9tendre. Bon Micheline. Rah&#160;! Micheline&#160;!&#160;\u00bb, il parle \u00e0 l\u2019infirmi\u00e8re comme \u00e0 un chien, \u00ab&#160;Venez vous mettre derri\u00e8re moi, l\u00e0, \u00e9clairez mieux.&#160;\u00bb Entre mes jambes, je les vois, lui le premier, qui m\u2019a d\u00e9j\u00e0 introduit le, le bon sang, son nom m\u2019\u00e9chappe, je mime l\u2019objet avec la main, pour \u00ab&#160;sph\u00e8re&#160;\u00bb \u00e7a avait march\u00e9, je le revois dans le cabinet de ma premi\u00e8re gyn\u00e9co, cette esp\u00e8ce de bec de canard, qu\u2019une vis ouvre, grin\u00e7ante parfois, ah, le sp\u00e9culum, et l\u00e0 je pense sp\u00e9culoos, parfum cannelle&#160;; lui, l\u00e0 au premier rang, face \u00e0 ma vulve \u00e9cart\u00e9e par le sp\u00e9culum, proche \u00e0 le toucher, je sens son corps peser parfois sur l\u2019engin, derri\u00e8re lui \u00ab&#160;Micheline&#160;!&#160;\u00bb, lampe \u00e0 la main, et ma m\u00e9moire pense m\u00eame \u00ab&#160;lampe de poche&#160;\u00bb, qui m\u2019\u00e9claire l\u2019int\u00e9rieur, \u00e7a me fait sourire, ils sont ridicules, presque dr\u00f4les, et mon corps l\u00e0 nu comme un premier plan de cin\u00e9ma, je sens la chaleur de la lumi\u00e8re, je sens la canule qui cherche \u00e0 passer le col de l\u2019ut\u00e9rus, il s\u2019\u00e9nerve, dit \u00ab&#160;si \u00e7a passe pas, on va le faire \u00e0 l\u2019ancienne, comme ce matin&#160;\u00bb, et de le voir transpirant dire \u00ab&#160;\u00e0 l\u2019ancienne&#160;\u00bb, imaginer (l\u2019imaginer avec le corps, le pressentir au sexe, au ventre) ce que \u00e7a peut bien \u00eatre si ce n\u2019est un passage en force, et d\u2019imaginer cette femme qui ce matin s\u2019est vu infliger sa brutalit\u00e9 \u00e0 l\u2019ancienne. \u00ab&#160;Je vais maintenant vous injecter du liquide dans les trompes afin de les radiographier et v\u00e9rifier qu\u2019elles ne sont pas bouch\u00e9es. \u00c7a br\u00fble un peu, mais d\u00e8s que vous avez mal, vous me dites et on fait une pause.&#160;\u00bb Je sais qu\u2019il minimise, c\u2019est le jeu, je me pr\u00e9pare \u00e0 la douleur, je me pr\u00e9pare \u00e0 d\u00e9couvrir ainsi une partie de mon corps que je n\u2019ai encore jamais sentie. \u00ab&#160;Et quand je vous dis stop, surtout vous ne bougez plus, vous ne respirez plus, on fait des radios.&#160;\u00bb Je respire lentement, le produit entre, br\u00fble, je transpire, bouge l\u00e9g\u00e8rement la t\u00eate, tente de contr\u00f4ler ma respiration, mais \u00ab&#160;stop&#160;\u00bb, l\u2019infirmi\u00e8re dit \u00ab&#160;Je crois qu\u2019elle a mal&#160;\u00bb, le connard&#160;: \u00ab&#160;Mais non regardez elle sourit, vous n\u2019avez pas mal&#160;\u00bb, \u00ab&#160;un peu&#160;\u00bb j\u2019ose, \u00ab&#160;Mais ce n\u2019est pas possible je ne fais rien l\u00e0, et puis si vous avez mal, imaginez les femmes qui accouchent.&#160;\u00bb L\u00e0, aussi sec, la douleur d\u00e9cuple, de ces mots, j\u2019ai plus mal encore, avec mon ventre qui n\u2019accouche pas, qui ne gonfle pas, qui ne porte pas d\u2019enfant, vide depuis des ann\u00e9es. J\u2019essaie de respirer, je transpire, \u00ab&#160;stop&#160;\u00bb et stop et stop, je tourne la t\u00eate le plus loin possible, je veux qu\u2019il disparaisse, je veux m\u2019enfuir, \u00e7a y est, il a disparu, je cherche \u00e0 me lever, \u00e0 partir tr\u00e8s vite, l\u2019infirmi\u00e8re s\u2019approche de moi, gentiment me dit d\u2019attendre un peu, assise, la t\u00eate me tourne, cette femme est \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, elle me demande si \u00e7a va mieux, je repense au connard \u00ab&#160;\u00e7a br\u00fble, mais c\u2019est un peu comme un ramonage de chemin\u00e9e, y a des femmes qui sont tomb\u00e9es enceintes juste apr\u00e8s&#160;\u00bb, un ramonage, encul\u00e9, pardon aux encul\u00e9s, c\u2019est sorti tout seul \u2013 et n\u2019en suis-je pas une&#160;? \u2013, non, salopard manipulateur, l\u2019infirmi\u00e8re me dit \u00ab&#160;Prenez votre temps&#160;\u00bb, j\u2019essaie de dire \u00ab&#160;Je suis fatigu\u00e9e&#160;\u00bb, et elle comprend parfaitement, elle acquiesce \u00ab&#160;Oui, c\u2019est toujours le corps des femmes qui est en premi\u00e8re ligne&#160;\u00bb, et je pense que je suis chanceuse parmi les femmes, et je la remercie, et je conchie ce salopard, et je pleure, toute nue, de fatigue et de rage, sous le regard bienveillant de l\u2019infirmi\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-063.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-063-1024x593.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"400\" class=\"alignleft size-large wp-image-3702\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Elle croyait qu\u2019il fallait d\u2019abord un premier rendez-vous pour s\u2019inscrire. \u00ab&#160;Non, non, venez maintenant.&#160;\u00bb L\u2019infirmi\u00e8re la fait entrer dans la pi\u00e8ce. \u00ab&#160;D\u00e9shabillez-vous, le m\u00e9decin arrive.&#160;\u00bb Il entre. \u00ab&#160;C\u2019est quoi&#160;? Ah une biopsie, une tache suspecte sur la vulve, tr\u00e8s bien, installez-vous, voil\u00e0, les pieds dans les \u00e9triers.&#160;\u00bb En face d\u2019elle, \u00e0 un m\u00e8tre cinquante, la porte donne sur le couloir, parfois une infirmi\u00e8re entre, sort, et son sexe grand ouvert au spectacle. Le m\u00e9decin qui ne l\u2019a jamais vue&#160;: \u00ab&#160;Ouh la&#160;! Mais \u00e7a s\u2019est agrandi, la tache est pass\u00e9e de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. On manque de personnel, \u00e7a vous ennuierait de mettre ces gants et de m\u2019aider&#160;?&#160;\u00bb Elle enfile les gants en plastique bien serr\u00e9s, elle fait la brave, elle feint la normalit\u00e9, ses doigts plastique \u00e9cartent sa vulve. La voil\u00e0 dans la position du chat qui se l\u00e8che la chatte, mais les pieds dans les \u00e9triers&#160;; de ses mains elle maintient son sexe ouvert pendant qu\u2019il attrape sa seringue, anesth\u00e9sie \u2013 douleur \u2013 locale, l\u2019aiguille profonde dans la chair. Il pause, scalpel en main, interroge&#160;: \u00ab&#160;On enl\u00e8ve tout&#160;?&#160;\u00bb Encore maintenant, elle ne sait pas s\u2019il plaisantait et elle ne sait plus quand, avant, apr\u00e8s, il parle de cancer, il dit \u00ab&#160;vulvectomie&#160;\u00bb. Il dit \u00ab&#160;vulvectomie&#160;\u00bb. Et en elle tout se m\u00e9lange, le scalpel, \u00ab&#160;On enl\u00e8ve tout&#160;?&#160;\u00bb, son dos arrondi. \u00ab&#160;On enl\u00e8ve tout&#160;?&#160;\u00bb, elle doit rire, g\u00ean\u00e9e, non, pas tout, pas tout de suite. Et elle le voit, gris, entre ses jambes, tr\u00e8s droit face \u00e0 elle toute arrondie. Pour l\u2019instant, seule une petite bande de chair pendouille \u00e0 la pince de l\u2019homme, elle voit sa peau pendre, avec un mouvement infime, vivant. Il l\u2019exhibe, elle ne sent plus son sexe. Et il la coud. En t\u00eate, ce mot, mot incroyable, qui n\u2019existait pas. Elle sort, assomm\u00e9e, d\u2019anesth\u00e9sie, de vulvectomie-pronostic. Tremblante, elle sort, dehors l\u2019attend son ami, elle s\u2019engouffre, pleure. Suivent les soins, la vulve comme un chou-fleur pendant une semaine, l\u2019attente, gonfl\u00e9e aussi, comme un chou-fleur st\u00e9rile, malade. Les r\u00e9sultats \u2013 oubli\u00e9s \u2013 deux semaines apr\u00e8s. Une tache de naissance.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;On va r\u00e9fl\u00e9chir&#160;\u00bb, on a dit. La nuit, son corps, c\u2019\u00e9tait tout r\u00e9fl\u00e9chi. La naus\u00e9e juste \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019on allait le toucher, l\u2019\u00e9carter, la naus\u00e9e comme un cauchemar qui r\u00e9veille au beau milieu, comme un emballement, d\u2019abord, dont on ne sait d\u2019o\u00f9 il vient, ensuite y a la main, la blouse blanche, le bras \u00e0 soupe avec <em>condom<\/em>, et l\u00e0, compris, y a pas grand \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. La m\u00e9decine, on arr\u00eate un temps. Son homme, il est d\u2019accord. Il ne lui avait pas dit, il ne voulait plus la voir \u00e9puis\u00e9e, comme aspir\u00e9e par l\u2019injection, celle qui bloque l\u2019ovulation, et elle qui pensait avoir encaiss\u00e9 discr\u00e8tement, m\u00e2choire serr\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Et qu\u2019est ce que je m\u2019emmerde \u00e0 \u00e9crire \u00e7a, tout \u00e7a, je le connais, je l\u2019ai v\u00e9cu, on en a parl\u00e9, on en a diss\u00e9qu\u00e9, des bouts, des poign\u00e9es, on a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater, fini les embryons dans le cong\u00e9lateur, les bras \u00e0 soupe dans le vagin, les piq\u00fbres dans les chiottes ou face au barrage, les espoirs, les chiales, le sang dans la main, bien \u00e9pais, en paquets, la mal\u00e9diction \u00e0 travers les si\u00e8cles, les causes de r\u00e9pudiation, d\u2019abandon, de prostitution, femme de garde, comme les chansons, et Ferr\u00e9, et Baudelaire, avec l\u2019\u00e9clat glac\u00e9 et infertile, ras-le-bol de mariner dans le malheur, le fouet m\u00e9dical, le sang pris, le sang perdu, manger bio et s\u2019enfoncer de la l\u00e9cithine de soja dans le sexe, s\u2019injecter de l\u2019acide chlorhydrique et attendre les contractions du cerveau quasi instantan\u00e9es, imaginer les femmes \u2013 quelles femmes, de quel pays et \u00e0 quel prix \u2013 pisser, et les laborantins extraire de l\u2019urine l\u2019hormone manquante, et moi et des milliers d\u2019autres et elle, se la r\u00e9injecter docilement tous les soirs, puis bloquer l\u2019ovulation, la pr\u00e9parer, la commander, la retarder, pas de transfert le dimanche, les heures d\u2019attente au milieu de b\u00e9b\u00e9s d\u00e9guis\u00e9s en lapin, de b\u00e9b\u00e9s anges, de b\u00e9b\u00e9s choux, de femmes grosses et de canc\u00e9reuses en sursis, et les m\u00e9decins chaque matin entre les \u00e9triers, au saut du lit, \u00e9chographi\u00e9e d\u00e9j\u00e0, par l\u2019un des sept nains, Timide, Protestant, Motard, Col\u00e8re, Blanche-Neige, on ne sait jamais celui qui va p\u00e9n\u00e9trer, sera-ce celui qui fait rouler sa chaise au loin apr\u00e8s un jet de kleenex, celui qui perd une minute \u00e0 nous reprocher de lui en avoir fait perdre une, le rougeaud en babouches chics, pile ou face, tour \u00e0 tour on est avares, na\u00effs, mieux que les patients pr\u00e9c\u00e9dents, comme si on ne savait pas, pourtant sans nu ni serviette, que nous sommes suivis et suivants. Pour s\u00fbr, on a appris.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-064.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-064-804x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"879\" class=\"alignleft size-large wp-image-3703\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Une femme m\u2019avait dit \u00ab&#160;viol&#160;\u00bb pour la PMA\u2009<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_3690_1('footnote_plugin_reference_3690_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_3690_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">1<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_3690_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Et si l\u2019aveu, le mot, m\u2019avait lib\u00e9r\u00e9e \u2013 je n\u2019\u00e9tais pas seule \u00e0 sentir cette violence (et j\u2019aime le mot viol en fran\u00e7ais pour sa si grande proximit\u00e9 avec violence), \u00e0 sentir mon intimit\u00e9 viol\u00e9e, je sentais aussi mon sexe viol\u00e9 plut\u00f4t que moi enti\u00e8re viol\u00e9e. Je ne l\u2019\u00e9tais pas enti\u00e8re, moi, viol\u00e9e&#160;: je consentais, mon esprit acceptait, et mon corps se soumettait. J\u2019accueille en moi des objets m\u00e9dicaux, mani\u00e9s parfois avec professionnalisme, bienveillance, parfois aussi avec indiff\u00e9rence, voire hostilit\u00e9. La violence pourtant \u00e9tait l\u00e0, la douleur pourtant \u00e9tait l\u00e0. Et il me fallut arr\u00eater, sortir de la PMA, pour bien les voir, pour mieux m\u2019en d\u00e9faire.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Le rejet total enfin dit, os\u00e9 par XXXX, qui dit, osa \u00ab&#160;viol&#160;\u00bb, elle qui enfanta d\u2019une ins\u00e9mination, elle qui ajoutait \u00ab&#160;pourtant, comment peut-on tomber enceinte ainsi&#160;?&#160;\u00bb. Depuis, apr\u00e8s avoir vu Rosen, femme abolitionniste, femme survivante de la prostitution, pas celle des r\u00e9seaux, de la contrainte, mais celle \u00ab&#160;choisie&#160;\u00bb des tradis, c\u2019est-\u00e0-dire de ces femmes Casques d\u2019or moquant les caves, et qui maintenant prom\u00e8ne son corps dire \u00e0 quel point elle l\u2019avait quitt\u00e9, pour continuer \u00e0 se faire mettre par tous les trous, par tous les cons, \u00e0 quel point elle partait loin, et lui, son corps, retourn\u00e9, \u00e9clabouss\u00e9&#160;; en l\u2019\u00e9coutant elle, moi, l\u00e9galiste, entr\u00e9e en th\u00e9ories prostitutionnelles par la lutte anti-sarkozy, anti-p\u00e9nalisation du racolage passif, anti-mise en danger des prostitu\u00e9es, l\u2019\u00e9coutant elle \u00e9branler mes principes, pouvant \u00eatre \u00e9branl\u00e9e parce que, en dix ans, notre corps, corps d\u2019amies ch\u00e8res, d\u2019images lointaines, de mots-t\u00e9moins, mais d\u2019abord corps amies.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Dans le cercle proche, corps normaux de femmes normales, bien nourries et soign\u00e9es, et l\u00e0 une liste rapide&#160;: deux viols dont un sur mineur dans le cadre quasi familial, deux attouchements p\u00e9dophiles, un inceste, une violence sexuelle entre mineurs, une menace de mort, une tentative d\u2019\u00e9tranglement, du harc\u00e8lement, des coups. Incalcul\u00e9s&#160;: les insultes d\u2019inconnus ou de proches, les mains aux fesses, les \u00ab&#160;Tu montes&#160;?&#160;\u00bb, \u00ab&#160;C\u2019est combien&#160;?&#160;\u00bb, \u00ab&#160;Tu suces&#160;?&#160;\u00bb, \u00ab&#160;T\u2019es bonne&#160;\u00bb. Hors propos, \u00e9videmment&#160;? Et les bras \u00e0 soupe dans le vagin par de gros connards, les doigts de la clique blanche \u2013 dilatation trois doigts, six doigts, dix doigts, \u00e7a y est, poussez fort&#160;\u2013&#160;; les actes et les mots \u2013 \u00ab&#160;Je vais vous coniser, parce que j\u2019aime travailler sur du propre&#160;\u00bb, dixit un PMAste \u00e0 une cousine \u2013&#160;; les pr\u00e9l\u00e8vements ovariens sans anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale et sans pr\u00e9venir puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un geste rapide (une dizaine de minutes dans les \u00e9triers, incision au fond gauche du vagin, passage de la seringue, aspiration des ovules, puis incision au fond droite du vagin, passage de la seringue, aspiration des ovules, \u00e0 droite comme \u00e0 gauche des ovaires gonfl\u00e9s \u00e0 bloc, \u00e9normes, monstrueux) et en se d\u00e9tendant, malgr\u00e9 une anesth\u00e9sie orale qui n\u2019anesth\u00e9sie rien, mais d\u00e9tendez-vous madame, c\u2019est un nouveau protocole, et ne me faites pas croire qu\u2019on inciserait des bourses, qu\u2019on piquerait des testicules, qu\u2019on aspirerait du sperme, avec un petit cachet, Monsieur, d\u00e9tendez-vous, voyons. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Alors merci XXXX qui a dit viol pour PMA, merci Rosen qui lutte d\u2019acheter nos corps est un d\u00e9lit, un crime, merci mes amies de nos paroles, sorties en ann\u00e9es, en phrases lentes m\u00fbries, sans vous je n\u2019aurais pas entendu mon corps.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-065.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-065-950x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"744\" class=\"alignleft size-large wp-image-3704\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"textbody\">Ce qu\u2019il vomissait mon corps, cette violence en son sexe, cette douleur, cette tension, qui accompagnait mon corps \u00e0 son corps d\u00e9fendant, soumis \u00e0 ce d\u00e9sir comme moi soumise \u00e0 la mort blanche, \u00e0 l\u2019asepsie, aux gants en plastique, \u00e0 l\u2019odeur d\u2019alcool \u2013 c\u2019est dr\u00f4le, je me souviens, ma premi\u00e8re nouvelle, la seconde en fait apr\u00e8s un meurtre \u00e0 la corde \u00e0 sauter en CM2, ma premi\u00e8re nouvelle s\u2019intitulait <em>L\u2019Enfant et la mort blanche<\/em> \u2013, mon corps vomissait ma soumission, et sans nos corps de femmes je ne l\u2019aurais pas entendu.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Je ne sais pas ce qu\u2019on \u00e9crit d\u2019un texte quand on l\u2019a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit vingt fois dans sa t\u00eate. On cherche autre chose \u00e0 dire, \u00e0 penser, pour ne pas s\u2019ennuyer d\u2019id\u00e9es bien cern\u00e9es, d\u2019\u00e9motions sous contr\u00f4le, barricade de mots, et toute ma vie ainsi, \u00e0 sauter du coq \u00e0 l\u2019\u00e2ne. Ce n\u2019est pas tant qu\u2019on cherche autre chose \u00e0 dire, c\u2019est qu\u2019autre chose survient.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Ainsi, aucun sexe de gar\u00e7on n\u2019\u00e9tait jamais entr\u00e9 en moi, les mains \u00e9paisses, par contre, oui, et je sens encore les doigts s\u2019\u00e9carter \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, et je sentais d\u00e9j\u00e0 alors qu\u2019ils cherchaient \u00e0 m\u2019\u00e9carter, \u00e0 m\u2019agrandir pour faire place peut-\u00eatre plus d\u00e9licatement \u2013 et les mains perdaient en d\u00e9licatesse ce que la d\u00e9floraison suppos\u00e9e \u00e9tait cens\u00e9e y gagner, et elles perdirent tant que je l\u2019entendis et le sentis ensemble, \u00ab&#160;poc&#160;\u00bb, le son de l\u2019hymen, \u00ab&#160;poc&#160;\u00bb, d\u00e9chir\u00e9. Elle ne vint jamais la d\u00e9floraison des romans, puisque la main fit couler le premier sang, et la main laissa sa trace, cinq doigts bien \u00e9cart\u00e9s, sur ma culotte menue \u2013 m\u2019agrandir pour faire place plus d\u00e9licatement \u00e0 une queue qui jamais n\u2019entra en moi avant que p\u00e9n\u00e8tre le g\u00e2teau glac\u00e9 et \u00e9cartant de la gyn\u00e9cologie, le sp\u00e9culum m\u00e9tallique et grin\u00e7ant, et de queues aucunes, avant que n\u2019accueille, les pieds dans les \u00e9triers, la vulve bien ouverte, mon corps de seize ans, mon sexe de seize ans, un intrus m\u00e9dical. Et je me demande, pourquoi n\u2019avoir pas attendu, m\u00e9decin, peux-tu me dire.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">J\u2019ai peut-\u00eatre fait une erreur. Ce matin, au petit d\u00e9jeuner, j\u2019ai parl\u00e9 de ce texte \u00e0 mon homme. Et avec mes paroles, avec mon envie de lui dire, de partager mon absence et mes cliquetis avec celui que j\u2019aime non seulement, mais aussi celui qui partagea avec moi les rendez-vous, qui eut sa part de branlette d\u00e9sinfect\u00e9e, matinale, celui qui m\u2019a permis comme le sait tout bon syndicaliste de r\u00e9\u00e9quilibrer \u2013 un tant soit peu \u2013 le rapport de force (il faut toujours \u00eatre plus nombreux, plus un, que le patron, que le m\u00e9decin), qui sortit la premi\u00e8re fois sonn\u00e9 \u00ab&#160;C\u2019est toujours comme \u00e7a&#160;?&#160;\u00bb et moi qui ne voyais d\u00e9j\u00e0 plus, alors plus du tout, ce que son \u00ab&#160;comme \u00e7a&#160;\u00bb d\u00e9signait, et lui qui n\u2019existait pas, lui simples spermatozo\u00efdes \u00e0 qui personne ne s\u2019adressait, que personne ne regardait, lui mon homme si pr\u00e9venant attentif envers tous sortir une fois d\u2019une consultation avec Babouche Ulc\u00e9r\u00e9e (Babouche Ulc\u00e9r\u00e9e qui nous avait d\u00e9clar\u00e9 radins parce que nous voulions savoir si tout \u00e9tait pris en charge par la S\u00e9cu, et qui partit dans une tirade sur le fric que co\u00fbtait un enfant, \u00e0 nous amoureux et fauch\u00e9s, qui n\u2019en avions pas, ni de l\u2019un ni de l\u2019autre), sortir donc de Babouche Ulc\u00e9r\u00e9e (et je pr\u00e9cise que ce surnom n\u2019est pas raciste, il s\u2019agit juste d\u2019un m\u00e9decin blanc rougeaud col\u00e9rique qui chausse de tr\u00e8s belles babouches de cuir jaune pendant ses consultations), tourner vers moi un regard presque perdu \u00ab&#160;Mais qu\u2019est-ce qu\u2019on lui a fait&#160;?&#160;\u00bb, \u00ab&#160;Rien, n\u00e9nuphar, rien, c\u2019est toujours comme \u00e7a.&#160;\u00bb Comme \u00e7a.<\/p>\n<p class=\"textbody\">J\u2019ai craint que mes paroles dites ne supplantent les paroles \u00e0-\u00e9crire, les paroles qui s\u2019\u00e9crivent. J\u2019entraper\u00e7ois maintenant d\u2019autres mots, et une clart\u00e9 plus pr\u00e9cise. Je lui racontai les \u00e9triers, il les mit \u00e0 ses pieds, je lui dis que je me servais de moi parce que je m\u2019avais sous la main, mais que je voulais nous \u00e9crire, nous-femmes, nous-filles, \u00ab&#160;Et puis tu as de l\u2019exp\u00e9rience en la mati\u00e8re&#160;\u00bb, \u00e7a, on rigole tous les deux, et je lui dis mes amies proches, je ne lui raconte rien de qui, je lui dis, je fais la liste et \u00e7a m\u2019enrage, je lui dis, ce texte il est l\u00e0 pour nous, pour moi-nous, parce que je ne supporte plus de nous voir serrer les dents, relativiser toujours, et je lui avoue, m\u00eame dans mes mots-l\u00e0, on relativise et on fait sourire, rire, et on rit aux \u00e9clats quand XXXX s\u2019allonge sur le tapis, fait la chandelle, met ses genoux au niveau des oreilles, parce que c\u2019est ainsi, \u00ab&#160;le trou de balle dans le nez du m\u00e9decin&#160;\u00bb, parce que c\u2019est ainsi qu\u2019on l\u2019a conis\u00e9e (\u00ab&#160;un peu comme un \u00e9pluche-l\u00e9gumes enl\u00e8ve la peau, l\u00e0 on enl\u00e8ve la surface contamin\u00e9e par les papillomas&#160;\u00bb), c\u2019est ainsi que \u00ab&#160;Madame, \u00e7a ne va pas&#160;?&#160;\u00bb, \u00ab&#160;Si si ne me regardez pas.&#160;\u00bb, et elle de pleurer, de pleurer de honte, tandis qu\u2019un \u00e9pluche-l\u00e9gumes s\u2019agitait, et je la revois encore, livide, choqu\u00e9e, elle qui en a vu d\u2019autres, a mis au monde quatre enfants, elle grise en haut des escaliers, et pourtant des heures avaient pass\u00e9, et il lui en fallut bien plus, du temps, des ann\u00e9es, pour en rire franchement, pour mimer. Mon homme prend des pincettes, \u00ab&#160;Je sais bien que c\u2019est diff\u00e9rent, que vous n\u2019\u00eates pas malades, mais est-ce qu\u2019il ne faudrait pas comme&#8230;&#160;\u00bb, je lui coupe la parole, je sais o\u00f9 il veut aller, je lui dis que j\u2019y suis d\u00e9j\u00e0, mais en fait, je n\u2019y avais jamais pens\u00e9 \u2013 mes mots comme un acte \u2013, l\u00e0 o\u00f9 il va, c\u2019est les assos de malades du sida, ce retournement incroyable, dire \u00ab&#160;Nous sommes les plus grands experts de notre maladie, de notre corps&#160;\u00bb, \u00ab&#160;Nous malades savons ce que vous m\u00e9decins ignorez&#160;\u00bb, et je pense que nous-femmes savons aussi, savons tant\u20092, et que certains m\u00e9decins, militants beaucoup, avertis d\u00e9j\u00e0, peuvent entendre, am\u00e9liorer. Des choses simples, mais ici n\u2019est pas le lieu, pas le lieu de l\u2019\u00e9num\u00e9ration, ici grondent nos corps.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Et puis ces mots, je les \u00e9cris aussi, et \u00e7a je ne lui ai pas dit, parce qu\u2019alors je n\u2019y pensais pas, pour que nos hommes (nos hommes, amis, amoureux, fr\u00e8res) sachent, qu\u2019ils n\u2019aient pas la version de bon ton, \u00e9dulcor\u00e9e et dr\u00f4le, ou le terme technique, parce qu\u2019apr\u00e8s plus d\u2019un an de traitement, j\u2019ai d\u00e9couvert stup\u00e9faite, et lui aussi stup\u00e9fait, ensuite tellement navr\u00e9, honteux presque, et pourtant il ne s\u2019agissait que d\u2019un quiproquo, que les \u00e9chographies en matin\u00e9es successives, ex\u00e9cut\u00e9es par je ne savais jamais lequel des m\u00e9decins, que les \u00e9chographies chaque matin n\u2019\u00e9taient pas de celles montr\u00e9es dans les films, gel froid sur ventre rond, non non, mais bien bras \u00e0 soupe et capote, chaque matin, dans mon sexe mal r\u00e9veill\u00e9. <\/p>\n<p class=\"textbody\">Et quand on dit \u00ab&#160;avortement&#160;\u00bb, ou \u00ab&#160;fausse couche&#160;\u00bb, il faut imaginer mille cruaut\u00e9s parfois que bien souvent nous passons sous silence. Et l\u00e0, tr\u00e8s vite, je pense \u00e0 XXXX, qui s\u2019est retrouv\u00e9e apr\u00e8s avoir pris la RU abortive, avec deux cuvettes en main, l\u2019une pour \u00e9jecter l\u2019embryon et l\u2019autre pour vomir (\u00ab&#160;C\u2019est normal, la douleur fait vomir&#160;\u00bb) et sans analg\u00e9sique, ou bien XXXX encore qui d\u00fbt entendre le c\u0153ur de l\u2019embryon dont elle ne voulait pas lors de l\u2019\u00e9chographie, alors qu\u2019il suffit d\u2019une pression sur un bouton pour ne pas entendre. Je pense \u00e0 XXXX qui se vit soutenir par un gyn\u00e9co que l\u2019inceste \u00e9tait un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel, issu du monde pr\u00e9historique et de la proximit\u00e9 dans les cavernes. Et je pense aux deux derni\u00e8res conversations qui me sont arriv\u00e9es comme une conclusion. Elle a vingt ans, se f\u00e9licite de ne plus voir de m\u00e9decin moralisateur, et que si le sien s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 de diagnostic et l\u2019avait faite avorter \u00e0 la maison, elle d\u00e9j\u00e0 trop enceinte, elle qui souffrit seule et perdit un bon bout de viande embryonnaire, elle qui h\u00e9morragique dut \u00eatre alors op\u00e9r\u00e9e, du moins le sien ne lui avait certes pas fait la morale. Comme nous encaissons. Elle en a soixante, n\u2019a pu avoir d\u2019enfants, et les m\u00e9decins de l\u2019avoir explor\u00e9e, de l\u2019avoir interrog\u00e9e, d\u2019avoir dout\u00e9 de leur sexualit\u00e9, de leurs orgasmes (et que viennent-ils donc faire l\u00e0 bon sang), et elle d\u2019avoir tout arr\u00eat\u00e9, suite \u00e0 un geste, un geste apr\u00e8s tant d\u2019autres, mais qui fut l\u2019ultime&#160;: le toucher \u00ab&#160;pour voir, pour s\u2019assurer&#160;\u00bb d\u2019un m\u00e9decin sur son clitoris.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-066.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-066-867x1024.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"815\" class=\"alignleft size-large wp-image-3705\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"textbody\">Et je pense aussi au bien que me fit la question, venant pour la seule fois d\u2019un m\u00e9decin, et je dois le reconna\u00eetre, d\u2019une femme-m\u00e9decin, Blanche-Neige \u00e0 hauts talons parmi les sept nains, la simple question qu\u2019elle me fit avant de m\u2019introduire encore quel objet&#160;: \u00ab&#160;Comment \u00e7a se passe&#160;? Vous supportez bien le traitement, vous n\u2019avez pas trop mal au ventre&#160;?&#160;\u00bb, cette simple question refit de moi une femme, dont est reconnue la possible douleur, plut\u00f4t que suspect\u00e9e direct de sensiblerie et de plaintes inutiles. \u00ab&#160;Bordel. J\u2019imagine beaucoup de col\u00e8re&#160;\u00bb, me dit enfin mon homme. Et je lui dis \u00ab&#160;non&#160;\u00bb, au final, m\u00eame l\u00e0, non, alors que j\u2019aimerais, en fait, hurler de col\u00e8re, de rage. Il faudrait y arriver \u00e0 cette col\u00e8re, et je ne sais pas si elle va me venir peu \u00e0 peu, \u00e0 force de mots, ou si elle me viendra parce que des amies vont me rejoindre sur la route. Je pense \u00e0 XXXX qui, lorsque je lui dis qu\u2019il faudrait juste faire une liste de toutes les blessures violences-paroles-gestes, comme d\u2019autres font des CV, nous lister chacune, dit \u00ab&#160;J\u2019en suis&#160;\u00bb, et moi aussi j\u2019en suis, et d\u2019autres bient\u00f4t, alors la rage.<\/p>\n<h3 class=\"section\">Post-scriptum&#160;<\/h3>\n<p class=\"textbody\">La PMA, c\u2019est la Procr\u00e9ation m\u00e9dicalement assist\u00e9e. Ce que j\u2019ai v\u00e9cu, ce que nous avons v\u00e9cu ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es. Je n\u2019y avais jamais r\u00e9fl\u00e9chi auparavant \u2013 il me semblait normal que des personnes ne parvenant pas \u00e0 avoir un enfant puissent b\u00e9n\u00e9ficier de la m\u00e9decine \u2013, j\u2019y ai assez peu r\u00e9fl\u00e9chi pendant&#160;: les traitements s\u2019encha\u00eenent avec les examens, et tu t\u2019encha\u00eenes avec eux, avec ton espoir, et d\u2019un \u00e9chec la prochaine tentative, la modification du traitement, des cycles qui s\u2019accolent \u00e0 mes cycles. Tout juste avons-nous demand\u00e9 \u00e0 repousser les premi\u00e8res ins\u00e9minations, avons-nous n\u00e9goci\u00e9 d\u2019user du seul traitement hormonal&#160;: repousser un temps \u2013 un an \u2013 l\u2019invasion m\u00e9dicale qui depuis un an aussi, un an d\u2019examens, d\u2019attentes, cherchait profond pour finir en queue de poisson.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Alors voil\u00e0, tr\u00e8s concr\u00e8tement, parce que j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019on comprend mal, sans d\u00e9tail, ce que ce bref acronyme recouvre, ce que fut, pour nous, les \u00e9tapes de la PMA&#160;:<\/p>\n<p class=\"textbody\">\u2022 Traitement hormonal seul (5 mois)&#160;: injections quotidiennes \u00e0 heure fixe pendant quelques jours pr\u00e9c\u00e9dents l\u2019ovulation \u2013 j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9 les d\u00e9tails.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\u2022 Ins\u00e9mination (4 fois)&#160;: traitement hormonal pour \u00ab&#160;booster&#160;\u00bb la production d\u2019ovules + \u00e9chographies pelviennes (bras \u00e0 soupe) et prises de sang matinales pour v\u00e9rifier la pr\u00e9paration de l\u2019ovulation + piq\u00fbre hormonale pour d\u00e9clencher l\u2019ovulation (voire une fois suivie d\u2019une autre piq\u00fbre hormonale pour retarder l\u2019ovulation d\u00e9clench\u00e9e, qui risquait de tomber un jour de cong\u00e9 m\u00e9dical) + branlette d\u00e9sinfect\u00e9e puis s\u00e9lection des spermatozo\u00efdes + ins\u00e9mination des spermatozo\u00efdes par introduction d\u2019une canule dans l\u2019ut\u00e9rus + ovules (nom donn\u00e9 aux suppositoires vaginaux\u2026) pour aider \u00e0 la nidification pendant plusieurs jours.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\u2022 F\u00e9condation in vitro (FIV)&#160;: une \u00ab&#160;grosse&#160;\u00bb injection d\u2019hormones qui met \u00ab&#160;au repos&#160;\u00bb tes ovaires pendant 15 jours, suivi d\u2019un traitement hormonal pour r\u00e9activer les ovaires, \u00e9chographies pelviennes (bras \u00e0 soupe) et prises de sang matinales pour v\u00e9rifier l\u2019avanc\u00e9e de l\u2019ovulation, suivies d\u2019une piq\u00fbre hormonale pour d\u00e9clencher l\u2019ovulation. L\u00e0, op\u00e9ration sous anesth\u00e9sie g\u00e9n\u00e9rale (ouf) pour pr\u00e9lever les ovules (incision du fond droit et gauche du vagin, passage de la seringue qui pr\u00e9l\u00e8ve les ovules dans les ovaires), branlette m\u00e9dicalis\u00e9e, s\u00e9lection des spermatozo\u00efdes, \u00ab&#160;mise en contact&#160;\u00bb des spermatos et de 3 ovules, et \u2013 si r\u00e9ussite \u2013 ins\u00e9mination via une canule dans l\u2019ut\u00e9rus \u00e0 J+5, apr\u00e8s un nouveau traitement hormonal pour rendre l\u2019ut\u00e9rus accueillant, de deux blastocystes \u2013 nom donn\u00e9 aux pr\u00e9-embryons de 5 \u00e0 7 jours. Ovules-suppositoires. ATTENTE. Attente terrible. Douleurs. Premi\u00e8re prise de sang de contr\u00f4le&#160;: enceinte&#160;! Puis r\u00e8gles, et tombe dans les toilettes un petit amas de sang coagul\u00e9. Pour le monde m\u00e9dical, il ne s\u2019agit pas de mort, mais de stase. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\u2022 Ins\u00e9mination apr\u00e8s cong\u00e9lation. De l\u2019op\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente, cinq \u00ab&#160;blastos&#160;\u00bb \u00e9taient n\u00e9s de la f\u00e9condation in vitro. Deux m\u2019avaient \u00e9t\u00e9 implant\u00e9s. Trois autres avaient \u00e9t\u00e9 congel\u00e9s. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de tenter le coup une derni\u00e8re fois. Apr\u00e8s, arr\u00eat d\u00e9finitif du grand bordel blanc. Rebelote, traitement hormonal, contr\u00f4le \u00e9cho et sang, mais le jour m\u00eame de l\u2019ins\u00e9mination, au d\u00e9part pour la clinique, coup de t\u00e9l\u00e9phone&#160;: stase g\u00e9n\u00e9rale, fatale d\u00e9cong\u00e9lation, rideau.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Nous aurions pu encore b\u00e9n\u00e9ficier avec la s\u00e9cu de trois FIV. Nous n\u2019en avons pas voulu. Au total, c\u2019est quatre ann\u00e9es de notre vie intime qui se sont teint\u00e9es en blanc clinique.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Je n\u2019ai aucune prise de position morale sur la PMA telle qu\u2019elle est pratiqu\u00e9e en France, c\u2019est-\u00e0-dire comme une aide m\u00e9dicale pour celles et ceux qui ne parviennent pas sans \u2013 et non, comme cela peut \u00eatre le cas ailleurs comme un moyen de s\u00e9lection. Il me semble vraiment que la d\u00e9marche rel\u00e8ve d\u2019une d\u00e9cision intime. \u00c0 un moment, ce que nous avions travers\u00e9, ce qui nous \u00e9tait encore possible de tenter en PMA, nous a sembl\u00e9 fou, compl\u00e8tement, et ces trois \u00ab&#160;embryons&#160;\u00bb dans le cong\u00e9lateur, fous aussi, et notre soumission \u00e0 un corps m\u00e9dical, \u00e0 une logique pharmaceutique, industrielle, si loin de nos vies, de nos choix, fous autant, mais pour le voir, le comprendre, l\u2019accepter, le sentir, il nous a fallu cheminer, et c\u2019est tout un faisceau, plus qu\u2019un chemin, oui, un entrelacs complexe, qui nous a pouss\u00e9 \u00e0 arr\u00eater.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Et avant tout, c\u2019est mon corps. Il a dit non, il a failli se retirer de l\u2019aventure, me laisser en plan, je l\u2019ai rattrap\u00e9, ou plut\u00f4t une femme soigneresse l\u2019a rattrap\u00e9, avant que mon corps et mon esprit ne pren-<br \/>\nnent deux routes diff\u00e9rentes. Et puis cette naus\u00e9e profonde, l\u00e0, \u00e0 l\u2019id\u00e9e, qu\u2019\u00e0 nouveau, \u00e0 nouveau, \u00eatre touch\u00e9e, \u00e9cart\u00e9e, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e, l\u2019envie de vomir, de quitter mon corps, ou lui de me quitter.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du texte est publi\u00e9 par l\u2019Atelier Autonome du Livre (&#60;<a class=\"website-link\" href=\"http:\/\/atelierautonomedulivre.org\/\">atelierautonomedulivre.org<\/a>&#62;).<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Et les livres de Doublebob sont \u00e9dit\u00e9s au FRMK (&#60;<a class=\"website-link\" href=\"http:\/\/fremok.org\/\">fremok.org<\/a>&#62;).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-061.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/F-061-1024x473.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"319\" class=\"alignleft size-large wp-image-3700\" \/><\/a><\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_3690_1();\">Notes<\/span><span class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_3690_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_3690_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_3690_1\" style=\"\"> <table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_3690_1('footnote_plugin_tooltip_3690_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_3690_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>1<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> . \u00ab&#160;<em>Cela signifie, de notre point de vue, que le sexisme du syst\u00e8me de sant\u00e9 n\u2019est pas accidentel, qu\u2019il n\u2019est pas que le reflet du sexisme de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble ou du sexisme de certains m\u00e9decins \u00e0 titre individuel. (\u2026) Notre objectif aujourd\u2019hui ne devrait jamais \u00eatre l\u2019acc\u00e8s de la profession m\u00e9dicale aux femmes, mais l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la m\u00e9decine \u2013 pour toutes les femmes. (\u2026) Les travailleuses de la sant\u00e9 peuvent jouer un r\u00f4le moteur dans les projets collectifs de self-help et d\u2019auto-enseignement, ainsi que dans la lutte contre les institutions de la sant\u00e9. Mais elles ont besoin d\u2019un fort mouvement f\u00e9ministe d\u2019usag\u00e8res.<\/em>&#160;\u00bb, <em>Sorci\u00e8res, sages-femmes &#38; infirmi\u00e8res. Une histoirE des femmes soignantes<\/em>, Barbara Ehrenreich et Deirdre English, trad. de l\u2019anglais (\u00c9tats-Unis) par L. Lame, (1973) r\u00e9\u00e9d. Cambourakis 2015, coll.&#160;\u00ab&#160;Sorci\u00e8res&#160;\u00bb.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_3690_1() { jQuery('#footnote_references_container_3690_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3690_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_3690_1() { jQuery('#footnote_references_container_3690_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_3690_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_3690_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_3690_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_3690_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_3690_1(); } } function footnote_moveToAnchor_3690_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_3690_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.34 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&#160;Je lui racontai les \u00e9triers, je lui dis que je me servais de moi parce que je m\u2019avais sous la main, mais que je voulais nous \u00e9crire, nous-femmes, nous-filles, \u201cEt puis tu as de l\u2019exp\u00e9rience en la mati\u00e8re\u201d, \u00e7a, on rigole tous les deux, et je lui dis mes amies proches, je ne lui raconte [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3698,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[125,188],"tags":[204,232],"class_list":["post-3690","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-genre-rage","category-selledechval","tag-feminisme","tag-pma"],"wps_subtitle":"La vulve bien ouverte","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3690"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3690\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}