{"id":4112,"date":"2017-07-12T19:12:00","date_gmt":"2017-07-12T17:12:00","guid":{"rendered":"http:\/\/jefklak.org\/?p=4112"},"modified":"2017-07-12T19:12:00","modified_gmt":"2017-07-12T17:12:00","slug":"marseille-social-club","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/2017\/07\/12\/marseille-social-club\/","title":{"rendered":"Marseille Social Club"},"content":{"rendered":"<div class=\"intro\">\n<p class=\"textbody\">Marseille. Son Olympique, son pastis, ses grandes gueules, sa Bonne M\u00e8re et\u2026 ses expulsions. Loin des clich\u00e9s sur la douce vie marseillaise que la mairie tente de vendre aux touristes en goguette, un nombre croissant de personnes sont condamn\u00e9s \u00e0 la rue alors que les logements vides ne manquent pas. Un \u00e9tat d&#8217;urgence sociale auquel tentent de r\u00e9pondre quelques associations, regroup\u00e9es dans le collectif D\u00e9linquants Solidaires.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"pdf-link\">T\u00e9l\u00e9charger l&#8217;article en <a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Marseille_Site_JK.pdf\">PDF<\/a>.<\/p>\n<div class=\"epigraph\">\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;<em>C&#8217;est votre propre barbarie qui en a transform\u00e9 autant en pirates&#160;\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"epigraphsignature\">Capitaine William Fly, 1726, aux juges le condamnant \u00e0 mort pour ses actes de piraterie<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;<em>Je vous emmerde&#160;! Allez tous vous faire foutre&#160;! Je suis malade moi&#160;! J&#8217;ai besoin d&#8217;un toit&#160;! Connards&#160;!<\/em>&#160;\u00bb<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Il hurle tout ce qu&#8217;il peut, G., ulc\u00e9r\u00e9 de col\u00e8re, au bord de l&#8217;explosion. Cheveux hirsutes, yeux roulant comme des billes, il voudrait en venir aux mains avec ceux qui le condamnent \u00e0 la rue&#160;: les policiers charg\u00e9s de l&#8217;expulser de son nouveau foyer. Pour \u00e9viter l&#8217;escalade, il faut s&#8217;interposer, l&#8217;\u00e9loigner fissa. Parce que oui, G. ne ment pas&#160;: il est vraiment malade, sujet \u00e0 de violents acc\u00e8s de d\u00e9lire psychotique. N&#8217;emp\u00eache que cette fois, il a raison, \u00e9ructe dans le bon sens, hurlant tout haut ce que tout le monde pense en sourdine, expuls\u00e9s comme soutiens&#160;: ce moment est honteux.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Derri\u00e8re G., une file de personnes quittent sans heurts le 39, boulevard Blancarde, grand b\u00e2timent inoccup\u00e9 depuis trois ans, dans le IV<sup>e<\/sup>&#160;arrondissement de Marseille. Escort\u00e9s par les flics, ils traversent la pelouse munis de quelques bagages, passent sous la grande banderole M\u00e9decins du Monde et rejoignent le portail d&#8217;un air penaud. Des familles, pour la plupart, abonn\u00e9es aux plans gal\u00e8res, qui n&#8217;ont m\u00eame plus la force de protester. Une fois dehors, tout le monde s&#8217;assoit sur le trottoir, regard vide.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/destruction_mars1.jpg\" alt=\"\" width=\"596\" height=\"776\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4120\" \/><\/p>\n<p class=\"textbody\">Parmi eux, il y a Y., le patriarche roumain qui ne pipe pas un mot de fran\u00e7ais mais est toujours pr\u00eat \u00e0 t&#8217;inviter pour un caf\u00e9 en langue des signes. Il y a L., m\u00eame pas 10 piges, en pleurs, elle qui \u00e9tait tellement ravie de d\u00e9couvrir la terrasse du lieu qu&#8217;elle en babillait d&#8217;aise sur les \u00e9paules de son p\u00e8re. Il y a ce jeune couple mignon aux faux airs d&#8217;adolescents qui avait pris une option sur une chambre, pas la plus grande mais la plus jolie. Il y a l&#8217;a\u00een\u00e9 F. et sa chienne K., son ancre quadrup\u00e8de, si vieille qu&#8217;elle donne l&#8217;impression d&#8217;avoir tout vu tout connu. Une litanie de destins tortueux&#160;: Fran\u00e7ais, Roms, Roumains, SDF, tous m\u00e9lang\u00e9s, avec pour seul point commun cette qu\u00eate imp\u00e9rative d&#8217;un toit. Et parmi eux, une poign\u00e9e de militants et associatifs, qui ressortent en suant les meubles qu&#8217;Emma\u00fcs avait gracieusement offert pour l&#8217;emm\u00e9nagement. Tout ce petit monde tire la tronche, \u00e0 juste titre.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Les policiers entr\u00e9s \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur pressent les retardataires. Ceux qui sont stationn\u00e9s au portail les regardent passer \u2013 la plupart semblent s&#8217;en foutre, d&#8217;autres ont l&#8217;air g\u00ean\u00e9s. Ils sont venus en force, huit camions. Et leur prolif\u00e9ration a quelque chose d&#8217;absurde au regard de la situation&#160;: ce ne sont pas des squatteurs combatifs qu&#8217;ils expulsent, juste des familles et une poign\u00e9e de soutiens. Tout \u00e7a sous l\u2019\u0153il des cam\u00e9ras et de journalistes, au grand jour. Il fallait sans doute faire exemple, ne pas laisser passer cette tentative de relogement. D&#8217;o\u00f9 la rapidit\u00e9 de l&#8217;expulsion&#160;: m\u00eame pas deux heures apr\u00e8s l&#8217;entr\u00e9e des familles, les voici mises \u00e0 la porte avec pertes et fracas. <\/p>\n<p class=\"textbody\">Une vision violente, \u00e0 tel point que des voisins venus en badauds prennent vite position pour les occupants&#160;: \u00ab&#160;<em>Mais pourquoi ils vous virent&#160;? C&#8217;est une honte&#160;! Ce b\u00e2timent est vide depuis trois ans&#160;!&#160;<\/em>&#160;\u00bb <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">C\u00f4t\u00e9 force de l&#8217;ordre, par contre, l&#8217;empathie n&#8217;est pas de mise. \u00ab&#160;<em>\u00c7a ne vous fait rien, de voir des enfants \u00e0 la rue&#160;?<\/em>&#160;\u00bb, demande un soutien \u00e0 un policier. R\u00e9ponse de l&#8217;int\u00e9ress\u00e9&#160;: \u00ab&#160;<em>Honn\u00eatement&#160;? Non. Rien.<\/em>&#160;\u00bb La messe est dite. <\/p>\n<h3 class=\"section\"><span class=\"bold-body\">D\u00e9linquants solidaires<br \/>\n<\/span><em><span class=\"bold-body\">vs.<\/span><br \/>\n<\/em><span class=\"bold-body\">pr\u00e9fecture arbitraire<\/span><\/h3>\n<p class=\"textbody\">Derri\u00e8re l&#8217;action d&#8217;occupation men\u00e9e ce vendredi 7 juillet, il y a de nombreuses associations regroup\u00e9es sous la houlette d&#8217;un collectif&#160;: D\u00e9linquants Solidaires. Parmi elles&#160;: M\u00e9decins du monde, la Fondation Abb\u00e9 Pierre, la Cimade, Emma\u00fcs, etc. De grosses structures, qui p\u00e8sent dans ce petit monde. Constatant la situation d&#8217;urgence sociale \u00e0 Marseille (entre 12&#160;000 et 15&#160;000 personnes \u00e0 la rue, syst\u00e8me d&#8217;h\u00e9bergement et 115 compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9s, hausse du nombre de migrants mineurs isol\u00e9s, familles s\u00e9par\u00e9es d\u00e8s lors qu&#8217;elles sont prises en charge, etc.), elles ont d\u00e9cid\u00e9 de passer \u00e0 l&#8217;offensive, ciblant des b\u00e2timents inoccup\u00e9s pour y loger des familles et mettre les pouvoirs publics devant le fait accompli. Le terme utilis\u00e9&#160;: \u00ab&#160;r\u00e9quisition citoyenne&#160;\u00bb. Une fa\u00e7on de ne pas se r\u00e9clamer du \u00ab&#160;squat&#160;\u00bb, qui se rattache \u00e0 un univers politique plus radical. Il faut dire que si la m\u00e9thode d&#8217;ouverture est la m\u00eame, la suite est diff\u00e9rente&#160;: le but est de n\u00e9gocier un loyer avec la mairie pour entrer dans la l\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;<em>Face \u00e0 l&#8217;urgence et \u00e0 l&#8217;inertie de l&#8217;\u00e9tat, on a d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;exp\u00e9rimenter de nouvelles formes d&#8217;action, fond\u00e9es sur l&#8217;id\u00e9e de r\u00e9quisitions n\u00e9goci\u00e9es<\/em>&#160;\u00bb, r\u00e9sume Jean-R\u00e9gis Rooijackers, de M\u00e9decins du Monde, tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans la d\u00e9marche. \u00ab&#160;<em>On a \u00e9crit un manifeste en ce sens qui a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par des fondations, associations et f\u00e9d\u00e9rations engag\u00e9es. C&#8217;est une grande avanc\u00e9e&#160;: des gens pas forc\u00e9ment radicaux politiquement se positionnent sur de nouveaux types d&#8217;actions, se montrent pr\u00eats \u00e0 avancer diff\u00e9remment. Avec cette conviction&#160;: c&#8217;est l&#8217;\u00c9tat qui est d\u00e9linquant, pas nous.&#160;\u00bb<\/em> <\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/destruction_mars5.jpg\" alt=\"\" width=\"582\" height=\"770\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4124\" \/><\/p>\n<p class=\"textbody\">Leur constat&#160;? Il y a chaque jour davantage urgence \u00e0 trouver des solutions. Alors que la situation sociale \u00e0 Marseille est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9plorable en soi et que les travailleurs sociaux sont au bord de l&#8217;asphyxie, les expulsions s&#8217;encha\u00eenent ces derniers temps. Le 6 juillet dernier, 250 Roms \u00e9taient ainsi jet\u00e9s hors de leur lieu de vie, boulevard Magallon, dans le XV<sup>e<\/sup>&#160;arrondissement de Marseille. Un cas embl\u00e9matique par le nombre de personnes concern\u00e9es, mais pas isol\u00e9. Pour parfait symbole, ce petit b\u00e2timent situ\u00e9 dans le quartier des R\u00e9form\u00e9s et occup\u00e9 depuis deux ans par une petite association, le Marabout du 46. Y sont log\u00e9es des personnes en situation d&#8217;urgence sociale, dont certaines ont des troubles psychiatriques aigus&#160;<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_4112_1('footnote_plugin_reference_4112_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_4112_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">1<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_4112_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Or la pr\u00e9fecture l&#8217;a promis&#160;: le lieu sera expuls\u00e9 prochainement. Et puisque le b\u00e2timent du 39, Boulevard Blancarde n&#8217;a pu \u00eatre r\u00e9quisitionn\u00e9, la vingtaine de personnes qui y habitent semblent condamn\u00e9es \u00e0 la rue&#160;[2. Suite \u00e0 la mobilisation d\u00e9crite dans cet article, la Pr\u00e9fecture semble avoir mis de l&#8217;eau dans son vin concernant ce b\u00e2timent. A suivre. ]. Des <em>dommages collat\u00e9raux<\/em> qui se multiplient dans l&#8217;indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale, hors travailleurs sociaux et militants partisans du squat. Lesquels font parfois alliance pour contrer l&#8217;immobilisme ambiant.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/destruction_mars3.jpg\" alt=\"\" width=\"572\" height=\"748\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4122\" \/><\/p>\n<h3 class=\"section\">Pirates par n\u00e9cessit\u00e9<\/h3>\n<p class=\"textbody\">Derri\u00e8re une occupation comme que celle du 39, boulevard Blancarde, il y a tout un travail cach\u00e9, la partie immerg\u00e9e de l&#8217;iceberg. Il faut rep\u00e9rer des b\u00e2timents, chercher \u00e0 qui ils appartiennent, trouver comment y entrer sans effraction, puis s&#8217;y cacher pendant 48 heures pour respecter le d\u00e9lai de flagrance&#160;[3. Jusque r\u00e9cemment, le fait de prouver qu&#8217;un b\u00e2timent \u00e9tait<br \/>\noccup\u00e9 depuis au moins 48 heures permettait d&#8217;\u00e9viter une expulsion rapide. Ces derniers temps, cette r\u00e8gle juridique n&#8217;est plus respect\u00e9e.]. Pas facile. Cela fait ainsi plusieurs mois qu&#8217;une petite \u00e9quipe, non rattach\u00e9e aux associations, mais soutenant la d\u00e9marche, cherche le lieu id\u00e9al, s&#8217;\u00e9chine \u00e0 trouver un b\u00e2timent public permettant de f\u00e9d\u00e9rer une action situ\u00e9e aux marges de la l\u00e9galit\u00e9. Des pirates derri\u00e8re les \u00ab&#160;officiels&#160;\u00bb. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Une premi\u00e8re tentative d&#8217;occupation d&#8217;un immense b\u00e2timent situ\u00e9 dans le VIII<sup>e<\/sup>&#160;arrondissement marseillais \u2013 le fief du Gaudin \u2013 a d\u00e9bouch\u00e9 sur un fiasco avant l&#8217;entr\u00e9e des familles, les flics d\u00e9fon\u00e7ant la porte principale \u00e0 coups de b\u00e9liers avant de rouer de coups les deux&#160;\u00ab&#160;dangereux&#160;\u00bb squatteurs pacifiques et de les tra\u00eener au poste&#160;[4. Pour sanction, un simple rappel \u00e0 la loi. L&#8217;action est racont\u00e9e par le d\u00e9tail dans le num\u00e9ro 153 de <em>CQFD <\/em>(avril 2017), en un article intitul\u00e9 \u00ab&#160;Veni, vidi, quasi vici&#160;\u00bb. ]. D&#8217;autres tentatives ont \u00e9chou\u00e9 dans l\u2019\u0153uf, g\u00e9n\u00e9ralement pour cause de difficult\u00e9s logistiques. Mais cette fois, tout semble parfait&#160;[5. \u00c0 ce d\u00e9tail pr\u00e8s que le b\u00e2timent appartenait en fait \u00e0 une association pour la formation m\u00e9dicale et pas \u00e0 l&#8217;\u00c9tat. ]. Entr\u00e9s discr\u00e8tement, les occupants ont pass\u00e9 48 heures \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur, tuant le temps dans les locaux vides, ornant les murs de messages inspir\u00e9s tels que \u00ab&#160;<em>Un toit pour tous, tous pour un toit<\/em>&#160;\u00bb, pr\u00e9parant l&#8217;arriv\u00e9e des familles tout en s&#8217;appliquant \u00e0 rester discrets. Et puis, au dernier moment, \u00e0 9 heures du matin, cette derni\u00e8re t\u00e2che si plaisante&#160;: ouvrir le portail et accueillir les arrivants et leur marmaille. Enfin, les yeux cern\u00e9s de fatigue, se congratuler&#160;: mission accomplie. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Car cela semblait \u00e9vident&#160;: avec le soutien des associations, l&#8217;installation des familles avec enfants en bas \u00e2ge et la pr\u00e9sence des m\u00e9dias, jamais la pr\u00e9fecture de police n&#8217;oserait donner la consigne d&#8217;expulser. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Sauf que non.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">L&#8217;ordre a tranch\u00e9&#160;: dehors les ind\u00e9sirables.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/destruction_mars4.jpg\" alt=\"\" width=\"584\" height=\"768\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4123\" \/><\/p>\n<h4 class=\"question\" style=\"text-align:center\">*<\/h4>\n<p class=\"textbody\">Dans son luxueux bureau orn\u00e9 des ors de la R\u00e9publique, le tout juste nomm\u00e9 pr\u00e9fet de police des Bouches du Rh\u00f4nes, Olivier de Mazi\u00e8res, doit se f\u00e9liciter du message fort adress\u00e9, se dire qu&#8217;il a bien g\u00e9r\u00e9 la situation, que ses patibulaires troupes ont bien fait le travail, <em>chapeau les gars<\/em>. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Sans doute qu&#8217;il n&#8217;est pas seul. Que toute une hi\u00e9rarchie se congratule \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que l&#8217;ordre r\u00e8gne, de m\u00eame qu&#8217;elle se targue depuis des mois d&#8217;expulser tous les lieux ouverts pour accueillir les migrants. Une bureaucratie droite dans ses bottes, condamnant sans sourciller des \u00eatres humains \u00e0 la mis\u00e8re. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">Alors oui, c&#8217;est bien G. qui a raison, lui qui ce jeudi invective les policiers de toute sa rage d\u00e9bordante. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\n<p class=\"textbody\">En attendant, tandis qu&#8217;il s&#8217;\u00e9loigne dans un barouf furibard, les familles restent assises sur le trottoir, au soleil, les jambes coup\u00e9es. Il faut repartir. Mais o\u00f9&#160;? <\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_4112_1();\">Notes<\/span><span class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_4112_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_4112_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_4112_1\" style=\"\"> <table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_4112_1('footnote_plugin_tooltip_4112_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_4112_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>1<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Pour en savoir plus sur le lieu, voir l&#8217;article publi\u00e9 par l&#8217;auteur en novembre 2016 dans le mensuel de critique sociale <em>CQFD<\/em>&#160;; \u00ab<a href=\"http:\/\/cqfd-journal.org\/Marseille-Occupy-la-psychiatrie\">&#160;Marseille&#160;: Occupy la psychiatrie&#160;<\/a>\u00bb<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_4112_1() { jQuery('#footnote_references_container_4112_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4112_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_4112_1() { jQuery('#footnote_references_container_4112_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4112_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4112_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_4112_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4112_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_4112_1(); } } function footnote_moveToAnchor_4112_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4112_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.34 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marseille. Son Olympique, son pastis, ses grandes gueules, sa Bonne M\u00e8re et\u2026 ses expulsions. Loin des clich\u00e9s sur la douce vie marseillaise que la mairie tente de vendre aux touristes en goguette, un nombre croissant de personnes sont condamn\u00e9s \u00e0 la rue alors que les logements vides ne manquent pas. Un \u00e9tat d&#8217;urgence sociale auquel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4116,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[28],"tags":[271,272,273],"class_list":["post-4112","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-terrains-vagues","tag-logement","tag-marseille","tag-pauvrete"],"wps_subtitle":"Expulsion des pauvres pour la saison touristique","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4112"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4112\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}