{"id":4549,"date":"2017-10-14T12:28:51","date_gmt":"2017-10-14T10:28:51","guid":{"rendered":"http:\/\/jefklak.org\/?p=4549"},"modified":"2017-10-14T12:28:51","modified_gmt":"2017-10-14T10:28:51","slug":"eloge-du-quatre-pistes","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/2017\/10\/14\/eloge-du-quatre-pistes\/","title":{"rendered":"\u00c9loge du quatre pistes"},"content":{"rendered":"<div class=\"intro\">\n<p class=\"textbody\">Peu de musiques ont incarn\u00e9 l\u2019esprit d\u2019un lieu comme l\u2019a fait le \u00ab\u00a0son du ghetto\u00a0\u00bb \u2013 qu\u2019on le nomme ska, rocksteady, reggae ou dub \u2013, devenu en Jama\u00efque, <em>dixit<\/em> Lloyd Bradley\u00a0<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_4549_1('footnote_plugin_reference_4549_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_4549_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">1<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_4549_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>, \u00ab\u00a0<em>une obsession nationale<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>J\u2019aimais jouer aux dominos, j\u2019aimais danser. Je n\u2019ai jamais aim\u00e9 travailler, parce que je ne souhaite \u00e0 personne d\u2019\u00eatre esclave<\/em>\u00a0\u00bb, professe Lee \u00ab\u00a0Scratch\u00a0\u00bb Perry, ce petit gars originaire de l\u2019arri\u00e8re-pays, o\u00f9 l\u2019extraction intensive de roches de bauxite chassait des milliers de paysans. \u00ab\u00a0<em>J\u2019aime \u00eatre travaill\u00e9 dans mon esprit. J\u2019ai boss\u00e9 deux semaines dans une carri\u00e8re et le bruit des pierres m\u2019a inspir\u00e9. J\u2019ai entendu des rythmes, j\u2019ai entendu des mots, et ces mots m\u2019ont pouss\u00e9 vers la ville.<\/em>\u00a0\u00bb Mais l\u2019inspiration n\u2019est pas que divine et ce faux paresseux de Perry va le prouver. \u00ab\u00a0<em>La v\u00e9ritable cr\u00e9ativit\u00e9 est le sous-produit d\u2019un type de ma\u00eetrise qui s\u2019obtient au terme de longues ann\u00e9es de pratique<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e9crit Matthew Crawford dans son <em>\u00c9loge du carburateur\u00a0[2. Matthew B. Crawford, <em>\u00c9loge du carburateur \u2013 Essai sur le sens et la valeur du travail<\/em>, La D\u00e9couverte, 2010.]<\/em>, qui oppose le savoir-faire artisanal \u00e0 l\u2019appauvrissante ali\u00e9nation du monde industriel. Et les studios d\u2019enregistrement de Kingston avaient plus \u00e0 voir avec un atelier m\u00e9canique de Bamako qu\u2019avec une cha\u00eene de montage Ford&#8230;<\/p>\n<p class=\"textbody\">Ce texte est issu du deuxi\u00e8me num\u00e9ro de <em>Jef Klak<\/em>, \u00ab&#160;<a href=\"http:\/\/jefklak.org\/?page_id=1792\">Bout d\u2019ficelle<\/a>&#160;\u00bb, traitant du textile, de la mode et des identit\u00e9s de genre, et encore disponible en librairie.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"pdf-link\">T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article en <a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Eloge_quatre_pistes_Site_Jk.pdf\">PDF<\/a>.<\/p>\n<div class=\"epigraph\">\n<p class=\"textbody\">\u00ab\u00a0Lee Scratch Perry est d\u00e9lirant \u2013\u00a0vraiment, vraiment timbr\u00e9\u00a0\u2013 et la plupart des gens d\u2019ici le sont aussi, socialement parlant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"epigraphsignature\">Leroy Sibbles, chanteur des Heptones<\/p>\n<\/div>\n<h3 class=\"section\">Bidouillages <em>copy-free<\/em><\/h3>\n<p class=\"textbody\">Les <em>sound systems<\/em>, qui ont fleuri aux coins des rues du ghetto d\u00e8s les ann\u00e9es 1950, v\u00e9hiculent la soif de vivre de la jeunesse locale, ainsi qu\u2019une vision acerbe de la question sociale non r\u00e9solue par l\u2019ind\u00e9pendance (1962). Plus pos\u00e9 que le ska, le tempo rocksteady permet, d\u00e8s les <em>mid-60\u2019s<\/em>, aux <em>rude boys\u00a0[3. Les <em>rude boys<\/em> sont les mauvais gar\u00e7ons du ghetto de Trenchtown. Le premier nom des Wailers \u00e9tait The Rude Boys. Le terme s\u2019exporte ensuite en Angleterre, o\u00f9 les skinheads l\u2019adoptent en m\u00eame temps que le rythme rocksteady.]<\/em> de danser sur la piste tout en restant frais en cas de baston. Apr\u00e8s les producteurs se pillant les uns les autres, vient le temps d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de pirates remixant et posant leur tchatche sur les tubes de l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Mgqhfe0FoFA?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p class=\"textbody\">R\u00e9parateur radio reconverti d\u00e8s 1961 en ing\u00e9nieur du son, King Tubby s\u2019associe avec le <em>DeeJay\u00a0[4. Les <em>DeeJays<\/em> \u2013 \u00e0 ne pas confondre avec les Dj\u2019s, qu\u2019en Jama\u00efque on appelle <em>selectors <\/em>(ou \u00ab\u00a0<em>selectas<\/em>\u00a0\u00bb) \u2013 sont des ambianceurs embauch\u00e9s par les <em>sound-systems<\/em> pour chauffer la salle. Ils toastent au micro sur les morceaux que le <em>selecta<\/em> pose sur la platine.]<\/em> U-Roy et booste les vibrations de la musique populaire avec ses bidouillages \u00e9lectroniques, posant les bases de ce qui deviendra le hip-hop, la drum\u2019n\u2019bass ou la techno\u00a0[5. La cuisine des mixeurs, <em>DeeJays<\/em> et <em>dub-masters<\/em> jama\u00efcains des ann\u00e9es 1970 est un avant-go\u00fbt du hip-hop, qui sera clairement influenc\u00e9 par le bouillonnement sonore de Kingston \u2013 apr\u00e8s que, dans un mouvement pendulaire, les <em>specials<\/em> jama\u00efcains se sont inspir\u00e9s, eux, des <em>Part-2<\/em> de James Brown.]\u2026 Graveur de <em>dub-plates<\/em> (disque souple servant de master) chez le producteur Duke Reid, il monte son propre studio avec un TEAC quatre-pistes, simple magn\u00e9tophone \u00e0 bandes. Substituant les boutons on\/off par des curseurs, il fait entrer et sortir voix et instruments au gr\u00e9 de ses exp\u00e9rimentations, sublimant les <em>riddims\u00a0[6. Cr\u00e9olisation jama\u00efcaine du mot anglais \u00ab\u00a0rythm\u00a0\u00bb, un <em>riddim<\/em> est une s\u00e9quence musicale formant la base d\u2019une chanson. Souvent jou\u00e9 par la basse ou le clavier, il a pour particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre recycl\u00e9 de multiples fois par divers groupes et sous des titres diff\u00e9rents.]<\/em> dont s\u2019emparent depuis peu les <em>DeeJays<\/em>. Au passage, il invente le dub.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/oMOl5eqJ-lc?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p class=\"textbody\">L\u2019ing\u00e9nieur devient artiste (Tubby est un fou de jazz) et hisse une musique des plus organiques au rang de classiques\u00a0[7. Acm\u00e9 de cette cr\u00e9ativit\u00e9 d\u00e9brid\u00e9e, les albums <em>King Tubby meets Rockers uptown<\/em> (1977) et <em>Rockers meets King Tubby\u2019s in a fire house<\/em> (1980), en collaboration avec le musicien et producteur Augustus Pablo. https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3_6aBcd9YyU] \u2013 au besoin en squeezant d\u2019un coup de manette certains <em>lyrics<\/em> \u00e0 l\u2019eau de rose. Mis en exergue, les tambours de la pocomania (vaudou jama\u00efcain) convoquent les mannes de l\u2019Afrique (que les ma\u00eetres d\u2019esclaves craignaient tant qu\u2019ils les avaient bannis de leurs plantations) et viennent tour \u00e0 tour enlacer une mont\u00e9e triomphale de cuivres, une \u00e9norme ligne de basse, un riff fugitif du guitariste, un \u00e9clat de voix\u2026 Le d\u00e9mon du dub est dans les d\u00e9tails. Grains de folie sonores, fantaisies d\u2019apprenti-sorcier abusant de la <em>reverb\u2019<\/em>, mais ne sombrant jamais dans le saupoudrage superflu\u00a0: l\u2019ensemble se met en place en une savante m\u00e9canique, qui fait sens dans un grand tout<\/p>\n<p>&gt;<iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/wbCrYBWh62Y?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<h3 class=\"section\">Syst\u00e8me D<\/h3>\n<p class=\"textbody\">\u00ab\u00a0<em>La plupart de ces soir\u00e9es dont nous parlons \u00e9taient en ext\u00e9rieur, o\u00f9 vous aviez toujours ces grosses enceintes, mais Tubby s\u2019\u00e9tait d\u00e9got\u00e9 des sir\u00e8nes de navire m\u00e9talliques pour les aigus et il les pla\u00e7ait dans les arbres, comme \u00e7a, on avait l\u2019impression que le son venait de partout. Quand la nuit \u00e9tait chaude, que la brise soufflait, c\u2019\u00e9tait vraiment quelque chose \u00e0 voir<\/em>\u00a0\u00bb, explique le <em>DeeJay<\/em> Dennis Alcapone\u00a0[8. Lloyd Bradley, <em>op. cit.<\/em>]. En 1970, devenu ma\u00eetre du gros son, Tubby s&#8217;acoquine avec Lee Perry, homme \u00e0 tout faire chez Studio One rendu c\u00e9l\u00e8bre par son hymne anti-carc\u00e9ral \u00ab\u00a0Set them free\u00a0\u00bb (1966). Il l&#8217;aide \u00e0 monter son propre laboratoire\u00a0: le studio Black Ark. Perry, roi du syst\u00e8me D, va doper les chansons de Bob Marley, et, comme par jeu, rend souvent la version instrumentale sup\u00e9rieure \u00e0 l\u2019original par son humour et sa libert\u00e9 de ton. \u00ab\u00a0<em>Il n\u2019y avait que quatre pistes r\u00e9pertori\u00e9es sur la machine, mais j\u2019en ai branch\u00e9 vingt autres direct sur la bande extra-terrestre. Je suis le berger dub\u00a0[9. \u00ab\u00a0Dub Shepherd\u00a0\u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence aux pr\u00eatres de la pocomania.]<\/em>\u00a0!\u00a0\u00bb Cette proph\u00e9tie auto-r\u00e9alisatrice fait p\u00e2lir d\u2019envie le <em>White album<\/em> des Beatles.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/y651C7aNXRc?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/BjZAnrIoZKc?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p class=\"textbody\">Potentiom\u00e8tres manipul\u00e9s avec dext\u00e9rit\u00e9, micro pendu dans un seau en guise de chambre d\u2019\u00e9cho, repas partag\u00e9s entre deux prises, ganja + rhum, autant de recettes gagnantes pour des sessions enregistr\u00e9es au <em>feeling<\/em>, mais avec toute la rigueur technique du monde. Les joues de Perry deviennent peau de tambour, des pleurs de b\u00e9b\u00e9 et des bruits de basse-cour \u00e9maillent ses arrangements. En perp\u00e9tuant la gouaille du ska des origines, il \u00e9vite d\u2019avoir \u00e0 officier dans la grand-messe rasta d\u2019un Bob Marley devenu entre temps rock-star globale.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/tQD4J6a1CEA?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<h3 class=\"section\">Formatage<\/h3>\n<p class=\"textbody\">Sourds aux sir\u00e8nes de l\u2019Exodus, et \u00e0 l\u2019instar du sceptique Chester Himes\u00a0[10. Voir <em>Retour en Afrique<\/em>, de Chester Himes, S\u00e9rie Noire, Gallimard, 2003.], Perry et Tubby pr\u00e9f\u00e8rent investir leur \u00e9nergie dans une nourriture terrestre pour ici et maintenant, \u00e0 partir d\u2019un imaginaire d\u2019abord local. Cette tambouille rel\u00e8ve bien plus de la Jama\u00efque profonde que du strict credo rasta\u00a0[11. Le rastafarisme est un mouvement messianique n\u00e9 dans les ann\u00e9es 1930 avec la pens\u00e9e de Marcus Garvey, qui pr\u00f4ne une r\u00e9demption biblique des Noirs du Nouveau monde par leur retour en Afrique.]. Rien \u00e0 faire, c\u2019est le son <em>roots<\/em> qui, comme son nom l\u2019indique, exprime le mieux l\u2019esprit de la terre, en lien avec l\u2019esprit rebelle et volatile des <em>sixties\u00a0[12. Les pochettes des deux LPs des Wailers produits par Perry, <em>Soul rebels<\/em> et <em>Soul revolution part II<\/em>, t\u00e9moignent de cet esprit\u00a0: une fille seins nus brandit un fusil d\u2019assaut et les membres du groupe prennent la pause avec des armes en plastique, v\u00eatus comme des Black Panthers.]<\/em>\u00a0: une \u00e9poque o\u00f9, en une sensuelle dialectique, le mouvement social est parvenu \u00e0 s\u2019imbiber et, en retour, \u00e0 irriguer le mouvement musical\u2026 Beaucoup de rastas oublieront par la suite que l\u2019un de leurs proph\u00e8tes, Marcus Garvey, fut leader de gr\u00e8ves sur le port de Kingston avant de devenir \u00ab\u00a0le Mo\u00efse noir\u00a0\u00bb. En exaltant le mysticisme et en se focalisant sur le th\u00e8me du retour en Afrique, le son et la rue abandonnent peu \u00e0 peu la bataille pour l\u2019\u00e9mancipation sociale de l\u2019\u00eele. Le reflux de la subversion co\u00efncide avec la commercialisation des id\u00e9es et des musiques les plus pr\u00e9sentables sur le march\u00e9 mondial. Avec des t\u00eates de gondole comme Jimmy Cliff, Bob Marley ou Steel Pulse, le label Island Records, fond\u00e9 en 1959 par Chris Blackwell, Jama\u00efcain blanc expatri\u00e9 d\u00e8s 1962 \u00e0 Londres, repr\u00e9sente le versant oppos\u00e9 de cette cuisine-l\u00e0. Blackwell polit le son et l\u2019image du reggae, le rendant assimilable par le public rock <em>mainstream<\/em>. Un exode vers le formatage industriel difficilement compens\u00e9 par le suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me du discours rastafarien.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/WpIAc9by5iU?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<p class=\"textbody\">En 1989, King Tubby se fait flinguer dans son studio \u2013 apr\u00e8s Peter Tosh\u00a0[13. Peter Tosh, abattu par un jeune voyou qu\u2019il avait l\u2019habitude d\u2019aider, avait chant\u00e9 un pr\u00e9monitoire \u00ab\u00a0Magga Dog\u00a0\u00bb, o\u00f9 il parlait des chiens errants qui mordent la main qui les nourrit.], Prince Far-I et bien d\u2019autres. Les <em>rude boys<\/em>, d\u2019abord manipul\u00e9s dans les luttes entre partis, s\u2019enr\u00f4lent dans la guerre des gangs de la drogue. Le r\u00e8gne du chacun-pour-soi s\u2019exprime dans le slackness, ragga hyper sexualis\u00e9, et le bling-bling d\u2019un <em>dancehall<\/em> sous influence gangsta rap. En 1983, mis sous pression par le succ\u00e8s et les racketteurs, \u00ab\u00a0Scratch\u00a0\u00bb Perry avait p\u00e9t\u00e9 les plombs et foutu le feu \u00e0 son studio avant de s\u2019exiler en Angleterre.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/9g-jzmgG84E?rel=0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_4549_1();\">Notes<\/span><span class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_4549_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_4549_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_4549_1\" style=\"\"> <table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_4549_1('footnote_plugin_tooltip_4549_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_4549_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>1<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Lloyd Bradley, <em>Bass culture \u2013 Quand le reggae \u00e9tait roi<\/em>, Allia, 2006.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_4549_1() { jQuery('#footnote_references_container_4549_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4549_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_4549_1() { jQuery('#footnote_references_container_4549_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_4549_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_4549_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_4549_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_4549_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_4549_1(); } } function footnote_moveToAnchor_4549_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_4549_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.34 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peu de musiques ont incarn\u00e9 l\u2019esprit d\u2019un lieu comme l\u2019a fait le \u00ab\u00a0son du ghetto\u00a0\u00bb \u2013 qu\u2019on le nomme ska, rocksteady, reggae ou dub \u2013, devenu en Jama\u00efque, dixit Lloyd Bradley\u00a01, \u00ab\u00a0une obsession nationale\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0J\u2019aimais jouer aux dominos, j\u2019aimais danser. 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