{"id":6478,"date":"2018-05-14T19:31:29","date_gmt":"2018-05-14T17:31:29","guid":{"rendered":"http:\/\/jefklak.org\/?p=6478"},"modified":"2018-05-14T19:31:29","modified_gmt":"2018-05-14T17:31:29","slug":"paroles-a-la-barre-4-4","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/2018\/05\/14\/paroles-a-la-barre-4-4\/","title":{"rendered":"Paroles \u00e0 la barre\u00a0: 4\/4"},"content":{"rendered":"<p class=\"entry-translator\">Cr\u00e9dits photos : <a href=\"http:\/\/yannlevy.fr\">Yann L\u00e9vy \/ Hans Lucas<\/a><\/p>\n<div class=\"intro\">\n<p class=\"textbody\">Du 16 au 18 mai 2018 aura lieu le proc\u00e8s en appel de trois policiers condamn\u00e9s pour avoir bless\u00e9 six personnes \u00e0 Montreuil le 8 juillet 2009, et mutil\u00e9 l\u2019une d\u2019entre elles. Le collectif 8 juillet travaille depuis neuf ans \u00e0 porter <a class=\"website-link\" href=\"http:\/\/jefklak.org\/lettre-ouverte-au-defenseur-des-droits\/\">la v\u00e9rit\u00e9 des violences subies sur la place publique<\/a>. Surtout, il s\u2019agit de montrer le fonctionnement devenu banal des forces de l\u2019ordre dans les banlieues, les ZAD, les manifestations, les camps de r\u00e9fugi\u00e9\u00b7es ou le simple quotidien&#160;: entre brutalit\u00e9 froide et impunit\u00e9 syst\u00e9mique. Pour un rappel des faits et de la proc\u00e9dure qui a permis de faire passer en justice la police, on pourra lire sur le site de Jef Klak <a class=\"website-link\" href=\"http:\/\/jefklak.org\/la-police-tire-au-flash-ball-pour-punir-et-terroriser\/\">un long entretien avec les membres de ce collectif<\/a>, compos\u00e9 de personnes bless\u00e9\u00b7es par la police et de soutiens. Aujourd\u2019hui, avant le proc\u00e8s en appel, Jef Klak publie par paire les t\u00e9moignages de la premi\u00e8re instance et donne la parole au <a class=\"website-link\" href=\"https:\/\/collectif8juillet.wordpress.com\/\">collectif 8 juillet<\/a>.<\/p>\n<h3 class=\"section-center\">*<\/h3>\n<p class=\"textbody\">\u00ab&#160;Le 16 d\u00e9cembre 2016 au TGI de Bobigny, trois policiers ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour s\u2019\u00eatre adonn\u00e9 \u00e0 une partie de Flash-Ball le soir du 8 juillet 2009 \u00e0 Montreuil, et avoir bless\u00e9 six personnes, mutilant l\u2019un d\u2019entre nous. Non contents des peines pour le moins symboliques dont ils ont \u00e9cop\u00e9&#160;<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_6478_1('footnote_plugin_reference_6478_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_6478_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">1<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_6478_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>, les policiers ont fait appel, prolongeant encore une proc\u00e9dure sans fin.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Les sept ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ce premier proc\u00e8s, nous avons rencontr\u00e9 de nombreux collectifs constitu\u00e9s suite \u00e0 une blessure, \u00e0 un mort. Partageant nos histoires, nous avons acquis une connaissance pr\u00e9cise des m\u00e9canismes de la violence polici\u00e8re. Nous avons les pleurs, mais aussi l\u2019exp\u00e9rience, nous avons la rage, mais aussi le savoir.&#160;Nos v\u00e9cus, nos luttes ont fait de nous des expert\u00b7es.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Le mercredi 24 et le jeudi 25 novembre 2016, c\u2019est cette expertise sensible que nous avons convoqu\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du tribunal. Il n\u2019\u00e9tait plus question pour nous de demander la v\u00e9rit\u00e9, mais de la faire surgir depuis le r\u00e9el de nos histoires, et de l\u2019imposer l\u00e0 o\u00f9 elle est continuellement effac\u00e9e et d\u00e9ni\u00e9e. Treize personnes directement touch\u00e9es par la violence polici\u00e8re sont venues t\u00e9moigner \u00e0 la barre, et voici deux de ces prises de parole&#8230;&#160;\u00bb<\/p>\n<p class=\"textbody\" style=\"text-align:right\">Collectif 8 juillet<\/p>\n<h3 class=\"section-center\">*<\/h3>\n<p class=\"textbody\">Le proc\u00e8s aura lieu \u00e0 la Cour d\u2019appel de Paris, m\u00e9tro Cit\u00e9, p\u00f4le 2 chambre 7, les apr\u00e8s-midi du 16, 17, 18 Mai 2018.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Contact&#160;: huitjuillet (at) riseup.net<\/p>\n<p class=\"textbody\"><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/tag\/temoignages-du-proces-8-juillet\/\">Voir tous les t\u00e9moignages<\/a><\/p>\n<\/div>\n<p class=\"pdf-link\">T\u00e9l\u00e9charger le dossier de presse complet en <a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/dossier-de-presse-Collectif-8-juillet.pdf\">PDF<\/a>.<\/p>\n<p class=\"pdf-link\">T\u00e9l\u00e9charger l\u2019article en <a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/8juillet_4.pdf\">PDF<\/a>.<\/p>\n<div id=\"attachment_6488\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/HL_YLEVY_340070.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6488\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/HL_YLEVY_340070-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"460\" class=\"size-large wp-image-6488\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6488\" class=\"wp-caption-text\">11 f\u00e9vrier 2017 : pr\u00e8s de 2000 personnes se sont rassembl\u00e9es \u00e0 Bobigny pour soutenir Th\u00e9o et d\u00e9noncer les violences polici\u00e8res. Photo Yann L\u00e9vy \/ Hans Lucas<\/p><\/div>\n<h3 class=\"section-center\">*<\/h3>\n<h3 class=\"section-center\">\u00ab&#160;<em>Il existe un hiatus \u00e9norme <\/br>entre la police et les quartiers populaires<\/em>&#160;\u00bb<\/h3>\n<p class=\"epigraphsignature\"><b>Omar Slaouti, V\u00e9rit\u00e9 et Justice pour Ali Ziri<\/b><\/p>\n<p class=\"textbody\">Je suis enseignant. J\u2019habite Argenteuil. C\u2019est dans cette ville que M. Ali Ziri, \u00e2g\u00e9 de 69 ans, est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 suite \u00e0 son interpellation par la police d\u2019Argenteuil. Je viens t\u00e9moigner aujourd\u2019hui parce qu\u2019au bout de sept ans de proc\u00e9dure, les conclusions ont cr\u00e9\u00e9 beaucoup d\u2019amertume dans ma ville \u2013 dans ces fameux quartiers populaires dont on parle souvent. Le verdict a \u00e9t\u00e9 un non-lieu. <\/p>\n<p class=\"textbody\">Un non-lieu ne veut rien dire en soi . Mais quand est \u00e9crit noir sur blanc: \u00ab&#160;La force dont a us\u00e9 la police \u00e9tait proportionn\u00e9e&#160;\u00bb, un tel non-lieu signifie qu\u2019il n\u2019y a pas eu dysfonctionnement dans la technique d\u2019interpellation de M. Ali Ziri, qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019anomalie. Ce qui signifie m\u00e9caniquement que cette situation peut se renouveler.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Je voudrais pr\u00e9ciser \u00e0 la cour que cet homme \u00e2g\u00e9 de 69&#160;ans \u00e9tait retrait\u00e9, et qu\u2019il avait crois\u00e9 ce jour-l\u00e0 un ami, \u00e2g\u00e9 de 61&#160;ans, \u00e9galement retrait\u00e9 et handicap\u00e9 \u00e0 60&#160;%. Ces deux messieurs avaient certainement bu plus que la moyenne. Leur v\u00e9hicule n\u2019allait pas tout droit. On les a donc interpell\u00e9s. Jusque l\u00e0 rien d\u2019anormal. Sauf que ces deux messieurs, alors qu\u2019ils \u00e9taient menott\u00e9s dans le dos, ont subi des coups. Ceci sans le moindre doute, comme en t\u00e9moignent l\u2019ensemble des stigmates sur le corps de M. Ali Ziri. 48&#160;heures apr\u00e8s son interpellation, il va d\u00e9c\u00e9der, et on retrouvera sur son corps 27&#160;h\u00e9matomes, dont un de 17&#160;centim\u00e8tres de diam\u00e8tre au niveau dorso-lombaire.<\/p>\n<p class=\"textbody\">L\u2019affaire est class\u00e9e sans suite tr\u00e8s rapidement. La famille a port\u00e9 plainte, et une nouvelle expertise m\u00e9dicale est demand\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019institut m\u00e9dico-l\u00e9gal. Le professeur Leconte, une sommit\u00e9 en la mati\u00e8re, fait le lien entre la technique d\u2019immobilisation sur M. Ali Ziri dans le v\u00e9hicule de police \u2013 une technique de pliage interdite en France depuis 2003 mais encore en usage dans la police fran\u00e7aise \u2013 et une hypoxie, une anoxie et secondairement, un arr\u00eat cardiaque. Ceci est extr\u00eamement important, parce que dans cette affaire, il va y avoir plusieurs expertises m\u00e9dicales. Sur quatre, trois d\u2019entre elles vont confirmer une hypoxie suite \u00e0 la technique d\u2019immobilisation. La premi\u00e8re, quant \u00e0 elle, suppute une cardiomyopathie, comme le mettent souvent en avant les procureurs, par exemple dans l\u2019affaire d\u2019Adama Traor\u00e9&#160;[2. En juillet 2016, Adama Traor\u00e9 meurt &#160;\u00e0 la gendarmerie de&#160;Persan, \u00e0 la suite de son interpellation \u00e0&#160;Beaumont-sur-Oise. Deux expertises m\u00e9dico-l\u00e9gales de son corps ont lieu, contestant les marques de violences pourtant constat\u00e9es par les pompiers l\u2019ayant pris en charge, mais se contredisant quant \u00e0 l\u2019existence d\u2019une cardiopathie \u00e0 l\u2019origine de sa mort. La demande de la famille d\u2019une troisi\u00e8me contre-expertise a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par le juge d\u2019instruction.]. Dans notre affaire, le juge d\u2019instruction va conclure \u00e0 un non-lieu, malgr\u00e9 le fait que les parties civiles, y compris le minist\u00e8re public, ont demand\u00e9 une enqu\u00eate suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Il existe un hiatus \u00e9norme entre la police et les quartiers populaires. Les policier\u00b7es pr\u00e9sent\u00b7es ici savent de quoi nous parlons. Les gens qui vivent dans des quartiers populaires savent aussi de quoi nous parlons. Ils le savent d\u2019autant plus qu\u2019ils le vivent au quotidien. Les policier\u00b7es ont vot\u00e9 \u00e0 plus de 70% Front national aux derni\u00e8res \u00e9lections r\u00e9gionales. Il y a un probl\u00e8me structurel dans cette police, et dans ce pays. Mais c\u2019est d\u2019autant plus grave quand \u00e7a concerne la justice.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Dans l\u2019affaire Ali Ziri, les parties civiles ont demand\u00e9 quatre \u00e9l\u00e9ments suppl\u00e9mentaires pour pouvoir faire l\u2019instruction \u00e0 charge et \u00e0 d\u00e9charge&#160;: que le juge d\u2019instruction entende personnellement les t\u00e9moins, ainsi que les policiers impliqu\u00e9s dans l\u2019arrestation, qu\u2019il effectue une reconstitution, et enfin que puisse \u00eatre visionn\u00e9e en pr\u00e9sence des t\u00e9moins la cam\u00e9ra n&#186; 7 situ\u00e9e face au commissariat d\u2019Argenteuil. Le juge d\u2019instruction a r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas question de visionner cet enregistrement en pr\u00e9sence des t\u00e9moins, parce que cela risquerait d\u2019alt\u00e9rer leur sinc\u00e9rit\u00e9. Or ces t\u00e9moignages ne sont dans le dossier que sous forme de proc\u00e8s-verbaux \u00e9tablis par la police. Jamais le juge d\u2019instruction n\u2019a confront\u00e9 les diff\u00e9rents t\u00e9moins. Peut-on juger de la fiabilit\u00e9 de ces t\u00e9moignages lorsque seule la police enqu\u00eate sur la police&#160;? La Cour des comptes s\u2019interrogeait d\u00e9j\u00e0 en 2010 sur la fonctionnalit\u00e9 de ce type de syst\u00e8me. <\/p>\n<p class=\"textbody\">La Cour d\u2019appel confirme le non-lieu. Nous allons alors en Cour de cassation, qui conclut que la d\u00e9cision du juge d\u2019instruction n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00ab&#160;l\u00e9galement motiv\u00e9e&#160;\u00bb. Elle explique qu\u2019il n\u2019est pas normal que ces quatre demandes n\u2019aient pas \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es. Nous retournons donc \u00e0 la Cour d\u2019appel de Rennes, qui rend de nouveau un non-lieu, confirm\u00e9 cette fois-ci par la Cour de cassation en f\u00e9vrier 2016. Nous avons depuis saisi la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, qui vient de nous accorder la recevabilit\u00e9 de notre dossier. L\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais devra r\u00e9pondre des agissements de ces policiers. <\/p>\n<p class=\"textbody\">Mais ce qui est important dans cette affaire est que nous avons eu \u00e0 faire \u00e0 une proc\u00e9dure particuli\u00e8rement malhonn\u00eate de la part de ceux qui ont instruit ce dossier. On ne peut pas juger correctement une affaire \u00e0 charge et \u00e0 d\u00e9charge, si on d\u00e9cide de rendre aveugle des cam\u00e9ras, si on d\u00e9cide de mettre de c\u00f4t\u00e9 des pi\u00e8ces fondamentales pour la justice et la v\u00e9rit\u00e9, comme il est \u00e9crit sur de nombreux T-shirt en m\u00e9moire d\u2019Adama Traor\u00e9 ou Amine Bentounsi&#160;[3. En 2012, Amine Bentounsi, pour ne pas \u00eatre retourn\u00e9 en prison apr\u00e8s une permission, \u00e9tait tu\u00e9 d\u2019une balle polici\u00e8re dans le dos \u00e0 Noisy-le-Sec. Son meurtrier, le gardien de la paix Damien Saboundjian, affirmant avoir tir\u00e9 en l\u00e9gitime d\u00e9fense, a \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9 en premi\u00e8re instance, mais condamn\u00e9 en Appel \u00e0 cinq ans de prison avec sursis, notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019acharnement de sa s\u0153ur Amal, membre du collectif Urgence la police assassine.], ou de tous ceux et toutes celles mutil\u00e9\u00b7es par la police.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Les notions de v\u00e9rit\u00e9 et de justice sont souvent clam\u00e9es dans un m\u00e9gaphone, sur une banderole, ou dans des manifestations. Elles marquent les manquements de la justice. Je tiens \u00e0 dire qu\u2019en tant qu\u2019enseignant, j\u2019ai affaire \u00e0 ces populations de jeunes o\u00f9 l\u2019aigreur est parfois tr\u00e8s importante \u00e0 l\u2019\u00e9gard des institutions. Mon r\u00f4le est un r\u00f4le de distanciation, je ne prends jamais position. Mais je t\u00e9moigne personnellement, entre moi et moi, de ce ressentiment extr\u00eamement fort que peuvent avoir des jeunes et des moins jeunes dans des quartiers populaires souvent d\u00e9laiss\u00e9s, que certain\u00b7es rapprochent de v\u00e9ritables zones d\u2019apartheid. Lorsque socialement on est mis de c\u00f4t\u00e9, et lorsque juridiquement, ni la police ni la justice ne peuvent \u00eatre un recours pour garantir et obtenir une dignit\u00e9 \u00e9gale pour tous, cela devient vraiment compliqu\u00e9. <\/p>\n<p class=\"textbody\">M. Ali Ziri \u00e9tait un ami de mon p\u00e8re. Je le dis avec une pointe d\u2019\u00e9motion, car j\u2019ai rarement vu mon p\u00e8re pleurer. Pour des milliards de raisons, li\u00e9es notamment \u00e0 son histoire personnelle. Mais ce jour-l\u00e0, sans me regarder dans les yeux, par dignit\u00e9, le regard embu\u00e9, il m\u2019a dit&#160;: \u00ab&#160;\u00c7a recommence.&#160;\u00bb Dans la bouche de mon p\u00e8re, qui n\u2019est franchement pas quelqu\u2019un de particuli\u00e8rement \u00e9nerv\u00e9, \u00ab&#160;\u00c7a recommence&#160;\u00bb signifiait qu\u2019il y a des relents qui remontent \u00e0 une certaine id\u00e9e de la police&#160;: celle qui jetait les Alg\u00e9riens dans la Seine le fameux 17 octobre 1961. Pour mon p\u00e8re, qui a 85&#160;ans, c\u2019\u00e9tait la r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Comment un monsieur de 69&#160;ans et son ami de 61&#160;ans, menott\u00e9s dans le dos, ont pu constituer un quelconque danger \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces trois policiers&#160;? Il y a aujourd\u2019hui un dysfonctionnement clairement \u00e9tabli de la police. La police s\u2019organise, se structure. Les policier\u00b7es discutent entre eux. Les syndicats de police font parfois pression sur la police des polices. Ils sont m\u00eame capables de manifester en d\u00e9pit du droit. Amnesty International parle m\u00eame de \u00ab&#160;<em>policiers au dessus des lois<\/em>&#160;\u00bb. La vraie question qui se pose est&#160;: dans quelle mesure la justice est-t-elle r\u00e9ellement ind\u00e9pendante des pressions polici\u00e8res&#160;? Je le dis particuli\u00e8rement pour ce juge d\u2019instruction qui a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019un non-lieu, alors que le procureur estimait qu\u2019il fallait poursuivre l\u2019enqu\u00eate jusqu\u2019au bout. <\/p>\n<p class=\"textbody\">Ce sont ces dysfonctionnements qu\u2019on vient aujourd\u2019hui mettre en exergue. Et sans grande fiert\u00e9, je vous dis que nous avons tr\u00e8s peu d\u2019espoir dans les affaires de justice, et que si les pots de terre que nous sommes peuvent difficilement gagner contre vos pots de fer, il se pourrait qu\u2019\u00e0 force de nous briser, nous finissions par vous ensevelir.<\/p>\n<div id=\"attachment_6489\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/HL_YLEVY_340084.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-6489\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/HL_YLEVY_340084-1024x683.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"460\" class=\"size-large wp-image-6489\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-6489\" class=\"wp-caption-text\">11 f\u00e9vrier 2017 : pr\u00e8s de 2000 personnes se sont rassembl\u00e9es \u00e0 Bobigny pour soutenir Th\u00e9o et d\u00e9noncer les violences polici\u00e8res.Photo Yann L\u00e9vy \/ Hans Lucas<\/p><\/div>\n<h3 class=\"section-center\">*<\/h3>\n<h3 class=\"section-center\">\u00ab&#160;<em>La police s\u2019est retrouv\u00e9e devant des habitant\u00b7es <\/br>qui refusaient ce qu\u2019il se passait<\/em>&#160;\u00bb<\/h3>\n<p class=\"epigraphsignature\"><b>Dabo, ancien membre du Collectif de Montreuil<br \/> pour les droits des sans-papiers<\/b><\/p>\n<p class=\"textbody\">Je m\u2019appelle Dabo. Je suis l\u00e0 aujourd\u2019hui pour raconter ma vie de sans-papiers \u00e0 Montreuil \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits. Quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 Montreuil, j\u2019ai habit\u00e9 dans un foyer de travailleur immigr\u00e9 cens\u00e9 accueillir 420 personnes, mais en r\u00e9alit\u00e9, nous \u00e9tions 1200. En arrivant en France, ce qui m\u2019a frapp\u00e9 est de ne plus avoir d\u2019identit\u00e9. Face \u00e0 cela, j\u2019ai essay\u00e9 de rencontrer des personnes qui \u00e9taient dans la m\u00eame situation ,et aussi des gens qui pouvaient me soutenir. J\u2019ai rencontr\u00e9 le collectif de Montreuil pour le droit des sans-papiers, cr\u00e9\u00e9 en 1997 suite \u00e0 l\u2019expulsion de l\u2019\u00e9glise Saint-Bernard. J\u2019ai fini par adh\u00e9rer \u00e0 ce collectif parce qu\u2019on y partageait les m\u00eames r\u00eaves de libert\u00e9. Il y avait aussi une permanence juridique hebdomadaire le samedi, qui aidait \u00e0 faire des recours contre les arr\u00eat\u00e9s de reconduite \u00e0 la fronti\u00e8re et \u00e0 constituer des demandes de r\u00e9gularisation aupr\u00e8s de la pr\u00e9fecture. J\u2019ai aussi \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de trouver un autre logement que le foyer. \u00c0 32 ans, je dormais dans le couloir du foyer par d\u00e9faut de place. J\u2019ai donc occup\u00e9 une maison vide dans laquelle j\u2019ai habit\u00e9 pendant sept ans.<\/p>\n<p class=\"textbody\">\u00c0 l\u2019\u00e9poque, il fallait attendre 10 ans en France pour avoir la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre r\u00e9gularis\u00e9. Pendant ce temps, il fallait esp\u00e9rer ne pas \u00eatre expuls\u00e9. En 2006, le gouvernement a mis en place le Code d\u2019entr\u00e9e de s\u00e9jour des \u00e9trangers et des demandeurs d\u2019asile (Ceseda), qui a emp\u00each\u00e9 toute possibilit\u00e9 pour les \u00e9trangers et \u00e9trang\u00e8res d\u2019\u00eatre r\u00e9gularis\u00e9\u00b7es. Cela s\u2019est ressenti \u00e0 Montreuil. Tous les jours, partout, il y avait des arrestations, surtout aux alentours des foyers, o\u00f9 il y avait aussi des perquisitions. Je connais des gens avec qui j\u2019ai pass\u00e9 du temps, qui un jour sont sortis pour aller prendre le m\u00e9tro ou acheter leur baguette et ne sont jamais revenus. On les a retrouv\u00e9s au centre de r\u00e9tention ou au Mali. C\u2019est \u00e0 ce moment que j\u2019ai pris conscience qu\u2019on avait tout perdu. En arrivant en France, on vient avec l\u2019espoir qu\u2019on va s\u2019en sortir. C\u2019est cet espoir qui s\u2019est envol\u00e9 pour moi ce jour-l\u00e0. Je ne pouvais plus sortir de chez moi. Je ne pouvais plus rencontrer qui que ce soit. On pouvait se faire arr\u00eater \u00e0 n\u2019importe quel moment. <\/p>\n<p class=\"textbody\">\u00c0 Montreuil, il y a sept foyers de travailleurs immigr\u00e9s. La police pouvait facilement \u00ab&#160;faire du chiffre&#160;\u00bb en mati\u00e8re d\u2019arrestations de sans-papiers. Face \u00e0 \u00e7a, des habitant\u00b7es de Montreuil et le collectif de Montreuil pour les droits des sans-papiers ont cr\u00e9\u00e9 un groupe pour pr\u00e9venir les sans-papiers en cas de contr\u00f4le de police. On a cr\u00e9\u00e9 l\u2019Assembl\u00e9e contre les expulsions. Il y avait des personnes qui venaient de tous les bords, de partis politiques, de syndicats, d\u2019associations et des habitant\u00b7es de la ville de Montreuil. La premi\u00e8re initiative a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9diger un tract qui expliquait ce qu\u2019il faut faire en cas d\u2019arrestation ou d\u2019expulsion. Puis, l\u2019assembl\u00e9e a d\u00e9cid\u00e9 aussi de faire une d\u00e9ambulation tous les mercredis \u00e0 Montreuil. Le rendez-vous \u00e9tait donn\u00e9 devant un foyer de la ville pour aller vers un autre, etc. \u00c7a permettait d\u2019expliquer aux gens qui ne voyaient pas ce qu\u2019il se passait pour nous, d\u2019\u00eatre inform\u00e9s. <\/p>\n<p class=\"textbody\">Le 4 juin 2008, le d\u00e9part \u00e9tait donn\u00e9 devant le foyer Rochebrune. Une heure avant, deux personnes ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es&#160;: la premi\u00e8re dans une cabine t\u00e9l\u00e9phonique \u00e0 la sortie du foyer, elle appelait sa famille en Afrique. La seconde sortait du foyer pour aller jouer au foot avec ses camarades. Des gens du foyer nous ont appel\u00e9\u00b7es et on est venus discuter avec les gens qui avaient assist\u00e9 \u00e0 ces arrestations. Ils nous ont r\u00e9pondu que la police \u00e9tait de passage, et qu\u2019elle les avaient contr\u00f4l\u00e9s et embarqu\u00e9s. Nous \u00e9tions une vingtaine et nous avons d\u00e9cid\u00e9 d\u2019aller au commissariat pour demander la lib\u00e9ration de nos camarades. En arrivant devant le commissariat, les policiers sont sortis arm\u00e9s, avec des matraques et des chiens. Ils et elles se sont mis \u00e0 nous pousser, nous ont frapp\u00e9\u00b7es et nous ont tir\u00e9 dessus au Flash-Ball. Deux personnes ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es. Parmi la vingtaine de personnes qui \u00e9taient l\u00e0, il y avait une dizaine de sans-papiers. La seule chose que nous pouvions faire ce jour-l\u00e0, c\u2019\u00e9tait essayer de se sauver.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Entre-temps, la maire de Montreuil est venue devant le commissariat pour discuter avec la police. Elle nous a dit que la violence \u00e0 laquelle elle avait assist\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas justifi\u00e9e. Il y a eu parmi nous plusieurs arrestations. En m\u00eame temps, au moins 300 personnes se sont rassembl\u00e9es devant le commissariat apr\u00e8s avoir appris ce qu\u2019il s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, pour demander la lib\u00e9ration des gens arr\u00eat\u00e9s. Tous ceux qui avaient des papiers ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s. Trois personnes qui n\u2019avaient pas de papiers ont \u00e9t\u00e9 gard\u00e9es. On a appris par la suite que l\u2019une d\u2019entre elles avait \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9e au Flash-Ball au niveau des testicules et qu\u2019une autre avait eu un probl\u00e8me asthmatique. Les pompiers sont intervenus. La sc\u00e8ne avait \u00e9t\u00e9 film\u00e9e par une personne qui s\u2019est aussi fait arr\u00eater. Cette personne a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e quelques mois plus tard. Elle a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e \u00e0 payer 1000 euros d\u2019amende pour violence sur agent alors qu\u2019elle ne faisait que filmer. Les trois sans-papiers ont \u00e9t\u00e9 gard\u00e9s \u00e0 vue pendant 48 heures. Ils sont aussi pass\u00e9s en proc\u00e8s et ont \u00e9t\u00e9 relax\u00e9s pour les faits de violence sur agent. Entre-temps, la CNDS&#160;[4. La Commission nationale de d\u00e9ontologie de la s\u00e9curit\u00e9 (CNDS) \u00e9tait une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante cr\u00e9\u00e9e par le gouvernement Jospin. Depuis sa disparition en mai 2011, ses missions, notamment concernant la d\u00e9ontologie dans le domaine de la police et de la s\u00e9curit\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9es au D\u00e9fenseur des droits.] a sorti un rapport attestant qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de violence de la part des manifestant\u00b7es. En revanche, ce rapport a mis en avant que la police avait utilis\u00e9 tous les moyens pour faire, de son c\u00f4t\u00e9, usage de la violence.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Si je vous raconte tout \u00e7a aujourd\u2019hui, c\u2019est pour vous dire que lorsque je suis arriv\u00e9 en France j\u2019avais un r\u00eave, j\u2019avais de l\u2019espoir. Lorsque la loi Ceseda est pass\u00e9e en 2006, il n\u2019y avait plus ni espoir, ni r\u00eave. L\u2019image de la France depuis l\u2019Afrique est celle d\u2019une terre d\u2019accueil. Nous r\u00eavions d\u2019\u00eatre ici parce que nous pensions y trouver de la libert\u00e9 et de la justice. Mais en arrivant, on est devenu sans-papiers, on a perdu notre identit\u00e9. On nous a pouss\u00e9 vers le faux. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 sans-papiers et la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est que nous devions aussi aller travailler pour pouvoir vivre. Nous ne sommes pay\u00e9s que 5 euros de l\u2019heure. Et si les sans-papiers sont toujours l\u00e0, c\u2019est parce qu\u2019on a besoin d\u2019eux. On les laisse utiliser les papiers d\u2019autres personnes. On les laisse cotiser \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 sociale. Mais on ne leur laisse pas le droit d\u2019exister. Lorsque j\u2019ai occup\u00e9 une maison, ce n\u2019\u00e9tait pas pour le plaisir. Il fallait que je trouve un endroit o\u00f9 dormir, sinon je mourrais dehors. Le passage de la loi Ceseda en 2006 m\u2019a boulevers\u00e9. Comment peut-on assister \u00e0 des rafles en 2006&#160;? Des camions entiers ont \u00e9t\u00e9 remplis de noir\u00b7es et d\u2019arabes qui se sont retrouv\u00e9\u00b7es en centre de r\u00e9tention.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Je l\u2019ai personnellement v\u00e9cu. Et aujourd\u2019hui, j\u2019ai l\u2019occasion d\u2019\u00eatre devant vous pour vous raconter ce que j\u2019ai v\u00e9cu. Jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, les seules fois o\u00f9 je me suis retrouv\u00e9 devant un juge, c\u2019\u00e9tait sous la menace d\u2019\u00eatre amen\u00e9 en centre de r\u00e9tention ou reconduit \u00e0 la fronti\u00e8re. Par chance, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9.<\/p>\n<p class=\"textbody\">Pour moi ce qui s\u2019est pass\u00e9 ce 4 juin \u00e0 Montreuil, est le reflet de la politique de l\u2019\u00c9tat. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019objectif de 30&#160;000 expulsions par an avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9. \u00c0 Montreuil, il y a beaucoup de foyers. Beaucoup d\u2019immigr\u00e9\u00b7es habitent Montreuil. La police applique la loi et y met tous les moyens. Seulement, l\u00e0, la police s\u2019est retrouv\u00e9e devant des habitant\u00b7es qui refusaient ce qu\u2019il se passait. Ce jour-l\u00e0, la police voulait sans aucun doute provoquer les gens en arr\u00eatant des sans-papiers devant le foyer, juste une heure avant l\u2019appel d\u2019une manifestation contre les rafles et les expulsions\u2026 Lorsqu\u2019on est arriv\u00e9 devant le commissariat, ce n\u2019\u00e9tait pas pour en d\u00e9coudre. Nous n\u2019\u00e9tions qu\u2019une vingtaine et parmi nous, une dizaine de sans-papiers. La police \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00eate et bien \u00e9quip\u00e9e. Comme s\u2019ils nous attendaient\u2026 <\/p>\n<p class=\"textbody\">Apr\u00e8s cette histoire, la r\u00e9pression a continu\u00e9. En tant que sans-papiers, on ne sait plus comment se comporter avec les gens. On devient marginal. Je suis en France depuis 17 ans et j\u2019ai toujours l\u2019impression d\u2019\u00eatre arriv\u00e9 hier. Tout est fait pour nous rappeler que nous ne sommes pas chez nous. La preuve en est ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 lundi matin, quand je suis arriv\u00e9 au Palais de justice. L\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 me bloque. J\u2019essaie de lui expliquer que je suis t\u00e9moin dans ce proc\u00e8s. Deux policiers avancent vers moi. L\u2019un d\u2019eux me pousse. Je redis que je suis convoqu\u00e9 pour t\u00e9moigner. L\u2019agent me demande ma convocation. Mais m\u00eame en l\u2019ayant lu, il ne pouvait pas se raconter que, moi, un \u00e9tranger noir, je puisse \u00eatre convoqu\u00e9 pour t\u00e9moigner dans ce proc\u00e8s. Il m\u2019a remis ma convocation en me disant qu\u2019il ne pouvait pas s\u2019agir de ce proc\u00e8s. Seule l\u2019intervention de mes camarades pour dire que nous \u00e9tions tous ensemble, m\u2019a permis de passer. Et lorsque je suis sorti, pendant le rassemblement devant le tribunal, un agent de s\u00e9curit\u00e9 est venu me retrouver pour s\u2019excuser en disant que lui venait du S\u00e9n\u00e9gal et moi du Mali. Ce qui m\u2019a choqu\u00e9, c\u2019est qu\u2019il ait pris le temps de lire ma nationalit\u00e9 et ma date de naissance, mais pas l\u2019objet de ma pr\u00e9sence. Il ne pouvait pas admettre que je vienne t\u00e9moigner dans ce proc\u00e8s. Qu\u2019est ce que \u00e7a raconte&#160;? <\/p>\n<p class=\"textbody\">Je peux vous raconter des histoires comme \u00e7a jusqu\u2019\u00e0 demain. Mais m\u00eame demain, ce sera encore comme \u00e7a. Pourtant je suis content d\u2019\u00eatre venu devant vous, vous raconter ce que j\u2019ai v\u00e9cu pendant ces ann\u00e9es en tant que sans-papiers. <\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_6478_1();\">Notes<\/span><span class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_6478_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_6478_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_6478_1\" style=\"\"> <table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_6478_1('footnote_plugin_tooltip_6478_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_6478_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>1<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Condamnations pour violence par personne d\u00e9positaire de l\u2019autorit\u00e9 publique&#160;: 15 mois de prison avec sursis et 18 mois d\u2019interdiction de port d\u2019arme pour le gardien de la paix Le Gall, 10&#160;mois avec sursis et 12 mois d\u2019interdiction de port d\u2019arme pour le brigadier Gallet et 7 mois avec sursis et 12 mois d\u2019interdiction de port d\u2019arme pour le gardien de la paix Vanderbergh. Aucune interdiction d\u2019exercer n\u2019a \u00e9t\u00e9 retenue malgr\u00e9 les r\u00e9quisitions du procureur. Quant aux indemnisations, le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent et a renvoy\u00e9 la d\u00e9cision au tribunal administratif.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_6478_1() { jQuery('#footnote_references_container_6478_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6478_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_6478_1() { jQuery('#footnote_references_container_6478_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_6478_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_6478_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_6478_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_6478_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_6478_1(); } } function footnote_moveToAnchor_6478_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_6478_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.34 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9dits photos : Yann L\u00e9vy \/ Hans Lucas Du 16 au 18 mai 2018 aura lieu le proc\u00e8s en appel de trois policiers condamn\u00e9s pour avoir bless\u00e9 six personnes \u00e0 Montreuil le 8 juillet 2009, et mutil\u00e9 l\u2019une d\u2019entre elles. 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