{"id":1554,"date":"2015-02-24T14:10:52","date_gmt":"2015-02-24T13:10:52","guid":{"rendered":"http:\/\/jefklak.org\/?p=1554"},"modified":"2015-02-24T14:10:52","modified_gmt":"2015-02-24T13:10:52","slug":"mexico-1968-recits-dun-massacre-detat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/2015\/02\/24\/mexico-1968-recits-dun-massacre-detat\/","title":{"rendered":"Mexico, 2 oct. 1968 :  R\u00e9cits d&#8217;un massacre d&#8217;\u00c9tat"},"content":{"rendered":"<div class=\"intro\">\n<p class=\"textbody\">Le 26 septembre 2014, le massacre d\u2019\u00e9tudiants \u00e0 Ayotzinapa a cruellement remis en lumi\u00e8re des logiques ancr\u00e9es dans le pouvoir d\u2019\u00c9tat et sa circulation dans la soci\u00e9t\u00e9 mexicaine. Le CMDE (Collectif des m\u00e9tiers de l\u2019\u00e9dition de Toulouse) publie et traduit, pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais, le livre culte de l\u2019\u00e9crivaine et journaliste mexicaine Elena Poniatowska\u00a0: <em>La Nuit de Tlatelolco<\/em>. Le sous-titre est en revanche du cru des \u00e9diteurs\u00a0: <em>Histoire orale d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em>. Mani\u00e8re de s\u2019engager du c\u00f4t\u00e9 de ceux qui, comme Poniatowska, ont lutt\u00e9 pour que des mots soient pos\u00e9s sur l\u2019histoire en question, celle du mouvement \u00e9tudiant mexicain de 1968 et du massacre d\u2019\u00c9tat qui y mit tragiquement fin le 2 octobre, place des Trois cultures dite aussi \u00ab\u00a0place de Tlatelolco\u00a0\u00bb \u2013 du nom de l\u2019ensemble r\u00e9sidentiel construit par l\u2019architecte moderniste Mario Pani dans les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/BAT_Poniatowska.pdf\">T\u00e9l\u00e9charger l&#8217;article en PDF<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>1<\/h4>\n<p>La place de Tlatelolco \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, en 1968, un lieu marqu\u00e9 par la r\u00e9sistance et \u00ab\u00a0[le sang] irr\u00e9m\u00e9diablement incrust\u00e9 dans la pierre, le tezontle<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_1');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_1\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">1<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_1\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>\u00a0\u00bb, puisque le dernier combat contre les colonisateurs espagnols eut lieu sur cette m\u00eame place. On trouve d\u2019ailleurs sur la place une st\u00e8le o\u00f9 il est \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Le 13 ao\u00fbt 1521, h\u00e9ro\u00efquement d\u00e9fendu par Cuauht\u00e9moc, Tlatelolco tombe aux mains d\u2019Hernan Cortes. Ni triomphe ni d\u00e9faite, ce fut la douloureuse naissance du peuple m\u00e9tisse qu\u2019est le Mexique d\u2019aujourd\u2019hui<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_2');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_2\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">2<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_2\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rien de tel cependant pour Tlatelolco\u00a0: l\u2019\u00e9v\u00e9nement n\u2019est pas devenu l\u2019origine d\u2019un nouveau r\u00e9cit national, tout comme aucun pouvoir n\u2019a pu y fonder son autorit\u00e9. Tout au contraire, Tlatelolco reste au Mexique une br\u00e8che qui ne cesse de questionner la l\u00e9gitimit\u00e9 des partis \u00e0 gouverner. Un \u00e9v\u00e9nement qui, d\u2019une certaine mani\u00e8re, ne cesse de faire retour, comme le montre la tuerie r\u00e9cente d\u2019Ayotzinapa<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_3');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_3\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">3<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_3\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Dans ce sens, Tlatelolco \u2013 nom de lieu et d\u2019une histoire satur\u00e9e de tensions \u2013, est surtout le nom d\u2019un pass\u00e9 qui ne passe pas.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-1576\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_8-782x1024.jpg\" alt=\"Graphica68_8\" width=\"690\" height=\"903\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>2<\/h4>\n<p>Dans <em>Les Lieux de la culture<\/em>, ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence pour les \u00e9tudes postcoloniales, le th\u00e9oricien Homi Bhabha \u00e9voque la \u00ab\u00a0syntaxe de l\u2019oubli\u00a0\u00bb structurelle aux r\u00e9cits nationaux<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_4');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_4\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">4<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_4\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Tout r\u00e9cit national, dit-il, et au-del\u00e0, toute appr\u00e9hension du peuple comme totalit\u00e9, comme unit\u00e9 organique, est fond\u00e9 sur l\u2019oubli des \u00e9v\u00e9nements clivant la nation. Cet oubli, pr\u00e9cisait Bhabha, n\u2019est pas une question de m\u00e9moire, mais bien le moyen de renvoyer l\u2019av\u00e8nement concret de la nation \u00e0 un temps des origines, sans histoire. Tout citoyen fran\u00e7ais doit avoir oubli\u00e9 le massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy, les massacres du Midi au XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle pour \u00eatre Fran\u00e7ais, disait avant lui Ernest Renan<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_5');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_5\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">5<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_5\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>.<\/p>\n<p>Cette syntaxe de l\u2019oubli permet de comprendre Tlatelolco et son enjeu pour le Mexique d\u2019aujourd\u2019hui. Car toute la puissance m\u00e9morielle et temporelle de l\u2019\u00e9v\u00e9nement est l\u00e0\u00a0: rien de 1968 ne peut \u00eatre oubli\u00e9. \u00ab\u00a0Je me rappelle, nous nous rappelons, jusqu\u2019\u00e0 ce que la justice si\u00e8ge parmi nous\u00a0\u00bb, \u00e9crit Castellanos dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Memorial de Tlatelolco\u00a0\u00bb qu\u2019elle compose sp\u00e9cialement pour le livre de Poniatowska en 1971. Et c\u2019est pourquoi 1968 n\u2019est l\u2019origine d\u2019aucun r\u00e9cit officiel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-1573\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_5-1024x908.jpg\" alt=\"Graphica68_5\" width=\"690\" height=\"611\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>3<\/h4>\n<p>1968 a en revanche donn\u00e9 lieu, jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, \u00e0 une infinit\u00e9 de micro-r\u00e9cits, dont <em>La Noche de Tlatelolco<\/em> est une sorte de compilation. Compos\u00e9 en deux parties \u00ab\u00a0Gagner la rue\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0La nuit de Tlatelolco\u00a0\u00bb, le livre est un tissage de voix recueillies pendant deux ans, du 3 octobre 1968 jusqu\u2019au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1971. Fragments d\u2019interviews, de la correspondance de l\u2019auteure, phrases glan\u00e9es ici et l\u00e0 durant le mouvement, articles et br\u00e8ves, t\u00e9moignages des \u00e9tudiants depuis la prison de Lecumberri o\u00f9 beaucoup d\u2019entre eux croupirent des ann\u00e9es, communiqu\u00e9s, banderoles, affiches et slogans\u2026 Les mat\u00e9riaux rassembl\u00e9s par l\u2019auteure sont aussi divers que les formes et les mani\u00e8res de prendre la parole et de faire de la politique qui s\u2019invent\u00e8rent durant ce bref \u00e9t\u00e9 de la d\u00e9mocratie mexicaine, du 26 juillet au 2 octobre 1968.<\/p>\n<p>Issus de sources \u00e9crites ou orales, les t\u00e9moignages sont r\u00e9organis\u00e9s par th\u00e8mes non hi\u00e9rarchis\u00e9s. On peut ainsi passer de l\u2019\u00e9pisode de la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019ind\u00e9pendance le 15 septembre \u00ab\u00a0le grito [le cri]\u00a0\u00bb, \u00e0 diff\u00e9rentes anecdotes sur la prise des bus de l\u2019\u00e9cole polytechnique, \u00e0 la question du ressentiment \u00e0 l\u2019encontre des jeunes, pour revenir aux histoires de prises de bus, etc. Un paragraphe (toujours suivis du nom et de la situation du t\u00e9moin<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_6');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_6\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">6<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_6\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>) aborde tel \u00e9v\u00e9nement ou tel aspect du mouvement, destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre repris plusieurs fois, pour \u00eatre nuanc\u00e9, contredit, et ainsi de suite. L\u2019ordre globalement chronologique s\u2019articule donc \u00e0 des r\u00e9p\u00e9titions et des retours en arri\u00e8re. Ainsi, le livre adopte \u00e0 son \u00e9chelle la structure parl\u00e9e des t\u00e9moignages, cheminant de proche en proche, \u00e0 la mani\u00e8re de la pens\u00e9e et de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dition du CMDE souligne ce foisonnement en donnant de l\u2019amplitude aux diff\u00e9rents changements de typographie et autres interventions graphiques de l\u2019\u00e9dition d\u2019origine. Elle compte ainsi 5 cahiers de photographies qui jalonnent le livre, ainsi que de nombreuses doubles pages, o\u00f9 sont reproduits certains slogans, banderoles, en lettres blanches sur fond noir, quelquefois accompagn\u00e9s des gravures, pochoirs ou dessins r\u00e9alis\u00e9s en 1968 dans les ateliers de l\u2019\u00e9cole d\u2019arts plastiques de San Carlos<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_7');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_7\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">7<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_7\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>.<\/p>\n<p>Le livre se veut donc d\u2019abord une histoire du mouvement, dont il restitue le d\u00e9roul\u00e9. La premi\u00e8re partie en propose une travers\u00e9e \u00e0 partir de la manifestation des lyc\u00e9ens rejoignant celle des jeunesses communistes le 26 juillet, en passant par l\u2019\u00e2ge d\u2019or du mouvement entre les 14 et 27 ao\u00fbt, puis par la p\u00e9riode d\u2019intensification de la r\u00e9pression en septembre \u2013 un mois aussi marqu\u00e9 par le soutien de plus en plus \u00e9tendu de la population. Jusqu\u2019\u00e0 la fin officielle du mouvement, le 6 d\u00e9cembre 1968, quand est dissoute l\u2019organisation qu\u2019il s\u2019\u00e9tait donn\u00e9e, le Conseil G\u00e9n\u00e9ral de Gr\u00e8ve (CNH, Consejo nacional de huelga). Le 2 octobre, jour du massacre, n\u2019en est pas moins pr\u00e9sent dans cette premi\u00e8re partie qui s\u2019\u00e9tend en de\u00e7\u00e0 et au-del\u00e0 de la date fatidique. On y trouve des t\u00e9moignages sur la r\u00e9pression, l\u2019enfermement, les trahisons, la solidarit\u00e9 et la vie en prison\u00a0; l\u2019apr\u00e8s-Tlatelolco.<\/p>\n<p>Mais le 2 octobre hante la m\u00e9moire du mouvement. En t\u00e9moigne, malgr\u00e9 l\u2019ordre chronologique, une sorte de temporalit\u00e9 suspendue, l\u2019impression d\u2019un flou, et le sentiment que le sens des \u00e9v\u00e9nements du 2 octobre n\u2019aurait pas encore \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9.<\/p>\n<p>Car, en effet, Les autorit\u00e9s n\u2019eurent de cesse de nier l\u2019importance de la contestation d\u2019abord, avec l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des m\u00e9dias leur pr\u00eatant main-forte, puis de nier l\u2019ampleur et l\u2019intensit\u00e9 de la r\u00e9pression. De m\u00eame, plus de quarante ans apr\u00e8s les faits, l\u2019\u00c9tat n\u2019a jamais reconnu que le massacre avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 au plus haut niveau. C\u2019est que, sans doute, il est r\u00e9v\u00e9lateur de la politique du lamentable PRI (le Parti r\u00e9volutionnaire institutionnel, cr\u00e9\u00e9 en 1929 et s\u2019accrochant au pouvoir moyennant toutes sortes de fraudes jusqu\u2019en 2000, puis de retour depuis 2012<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_8');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_8\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">8<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_8\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>). Ainsi, les coupables n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement inqui\u00e9t\u00e9s, quand ils l\u2019ont \u00e9t\u00e9<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_9');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_9\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">9<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_9\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>.<\/p>\n<p>Dans ce contexte de r\u00e9visionnisme institutionnel, <em>La Nuit de Tlatelolco<\/em> a donc exemplairement pris en charge la m\u00e9moire du 2 octobre. L\u2019une de ses premi\u00e8res vis\u00e9es \u00e9tait d\u2019\u00e9tablir les faits. De donner des noms. D\u2019assembler les pi\u00e8ces utiles \u00e0 ce que l\u2019histoire puisse un jour \u00eatre \u00e9crite et que justice soit faite. Dans ce sens, chaque fragment est un t\u00e9moignage \u00e0 charge. En assemblant ces documents, Poniatowska produit l\u2019impossibilit\u00e9 de dire que cela n\u2019a jamais eu lieu. Comme le dit l\u2019\u00e9crivain et journaliste Carlos Monsiva\u00eds, \u00ab\u00a0Plus irrationnel que le massacre, surgit le d\u00e9sir de d\u00e9montrer qu\u2019il n\u2019a pas eu lieu, qu\u2019il n\u2019y a pas de responsabilit\u00e9s et qu\u2019il ne peut y en avoir<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_10');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_10\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">10<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_10\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi aussi, le livre ne cherche pas \u00e0 \u00ab\u00a0rendre raison d\u2019un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9raisonnable qui a ses raisons<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_11');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_11\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">11<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_11\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>\u00a0\u00bb. Ce travail revient aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes, comme le sugg\u00e8rent quelques-uns des t\u00e9moignages. Le livre de Poniatowska est quant \u00e0 lui une question pos\u00e9e aux responsables \u2013 une accusation. Accusation qui s\u2019affirme progressivement dans la seconde partie au titre \u00e9ponyme, jusqu\u2019\u00e0 envahir tout le livre. C\u2019est l\u00e0 que se joue la tentative de saisir l\u2019\u00e9v\u00e9nement au plus pr\u00e8s, avec pr\u00e9cisions sur les exactions commises, les lieux, le d\u00e9roul\u00e9 de la nuit. Tentative d\u2019embl\u00e9e vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Car rien ne peut justifier Tlatelolco. D\u2019une part, au sens o\u00f9 rien n\u2019indique que les responsables soient enfin dispos\u00e9s \u00e0 briser le silence institutionnel, mais encore, au sens d\u2019une impossibilit\u00e9 d\u2019ordre \u00e9thique de rendre raison des \u00e9v\u00e9nements. Ainsi, cette seconde partie se transforme au fil des pages en une longue plainte, une sorte d\u2019oraison fun\u00e8bre o\u00f9 se dilue le sens des mots et avec eux toute possibilit\u00e9 de compr\u00e9hension.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-1569\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_1-787x1024.jpg\" alt=\"Graphica68_1\" width=\"690\" height=\"897\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>4<\/h4>\n<p>\u00ab\u00a0Les \u00e9tudiants emprisonn\u00e9s ont livr\u00e9 [leurs t\u00e9moignages] au cours des deux ann\u00e9es suivantes. Ce r\u00e9cit leur appartient. Il est fait de leurs mots, de leurs luttes, de leurs erreurs, de leur douleur et de leur \u00e9tonnement. Il laisse voir leurs \u201cemballements\u201d, leur ing\u00e9nuit\u00e9, leur confiance. Je remercie surtout les m\u00e8res, les gens qui ont perdu un fils, un fr\u00e8re, d\u2019avoir accept\u00e9 de parler. La douleur est un acte absolument solitaire. En parler s\u2019av\u00e8re presque intol\u00e9rable\u00a0; enqu\u00eater, creuser, a quelque chose d\u2019insolent<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_12');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_12\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">12<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_12\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est en fait au niveau de la forme du livre elle-m\u00eame que se trouve la r\u00e9ponse \u00e0 la fois \u00e9thique et litt\u00e9raire de Poniatowska. En restituant ces multiples voix sans autre intervention que celle du montage, l\u2019auteure prend position en tant qu\u2019historienne et \u00e9crivaine. \u00c0 la suite du travail d\u2019\u00e9dition et de traduction effectu\u00e9 en 1959 \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019historien Miguel-L\u00e9on Portilla \u00e0 partir des t\u00e9moignages des vaincus de la \u00ab\u00a0conqu\u00eate\u00a0\u00bb \u2013 autre livre embl\u00e9matique dont des lectures \u00e9taient d\u2019ailleurs r\u00e9alis\u00e9es par les prisonniers politiques du mouvement<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_13');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_13\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">13<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_13\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span> \u2013 Poniatowska inscrit l\u2019histoire de 1968 et celle du massacre du 2 octobre dans le sillage d\u2019une historiographie militante et critique, faisant de l\u2019histoire un ensemble de ressources pour le pr\u00e9sent, et non un patrimoine cr\u00e9ditant le pouvoir de quelques-uns. Le titre de son livre est une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette histoire\u00a0: \u00ab\u00a0la noche de Tlatelolco\u00a0\u00bb renvoie \u00e0 \u00ab\u00a0la noche triste\u00a0\u00bb de 1520, l\u2019un des \u00e9pisodes marquants de la conqu\u00eate, quand les guerriers mexicas se veng\u00e8rent du massacre de l\u2019aristocratie azt\u00e8que et de la mort de Motecuhzoma, peu de temps avant d\u2019\u00eatre d\u00e9finitivement vaincus \u00e0 Mexico-Tenochtitl\u00e1n.<\/p>\n<p>Cette mise en parall\u00e8le n\u2019est pas seulement le fait de Poniatowska. D\u2019autres, comme le po\u00e8te et essayiste lib\u00e9ral Octavio Paz, ont mis en perspective les \u00e9v\u00e9nements de 1968 \u00e0 l\u2019aune de l\u2019histoire de la colonisation. Pour ce dernier, Tlatelolco est une r\u00e9gression, une r\u00e9p\u00e9tition instinctive, un rituel d\u2019expiation. Il r\u00e9v\u00e8le \u00ab\u00a0qu\u2019un pass\u00e9 que nous croyions enterr\u00e9 est vivant et pr\u00eat \u00e0 faire irruption parmi nous<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_14');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_14\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">14<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_14\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>\u00a0\u00bb. Certes, ce r\u00e9cit tend \u00e0 essentialiser la violence, dans la mesure o\u00f9 il s\u2019agit de capter le \u00ab\u00a0masque\u00a0\u00bb en quoi consisterait une identit\u00e9 mexicaine (en confortant une perspective nationaliste centralisatrice, mais surtout en occultant les conditions concr\u00e8tes ayant autoris\u00e9 le massacre). Mais il faut toutefois souligner que la r\u00e9flexion de Paz (qui d\u00e9missionne de son poste d\u2019ambassadeur du Mexique en Inde le 3 octobre 1968), a pour th\u00e8me central le probl\u00e8me du d\u00e9veloppement, et que sa r\u00e9flexion sur Tlatelolco s\u2019inscrit plus largement dans une critique des philosophies du progr\u00e8s. La p\u00e9riodisation qu\u2019il propose de la modernit\u00e9, quatre si\u00e8cles d\u2019histoire born\u00e9s par ces deux massacres, pose la question d\u2019une structure temporelle cyclique \u00ab\u00a0archa\u00efque\u00a0\u00bb que la pens\u00e9e moderne avait rejet\u00e9e. Pour Paz, Tlatelolco cl\u00f4t cet \u00ab\u00a0\u00e2ge moderne\u00a0\u00bb tendu vers un futur inatteignable qu\u2019une telle philosophie faisait miroiter. Comme si cette catastrophe \u00e9tait le signe de la ruine des id\u00e9ologies progressistes et d\u00e9veloppementistes dont le Mexique des ann\u00e9es 1960 s\u2019\u00e9tait fait le chantre \u2013 et que devaient couronner, du 12 au 27 octobre 1968, les Jeux olympiques d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/GRaphica68_6.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-1574\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/GRaphica68_6-674x1024.jpg\" alt=\"GRaphica68_6\" width=\"674\" height=\"1024\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>5<\/h4>\n<p>Mais c\u2019est aussi en tant qu\u2019auteure, du point de vue de la litt\u00e9rature, que Poniatowska se positionne. Ce livre n\u2019est pas, en effet, seulement un ouvrage documentaire. <em>La Nuit de Tlatelolco<\/em> est aussi un livre qui prend acte, au niveau de l\u2019\u00e9criture elle-m\u00eame, de ce en quoi 1968 fait \u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p>Poniatowska propose une forme polyphonique et fragmentaire o\u00f9 la narratrice se fait scriptrice. En retrait du r\u00e9cit collectif en tant qu\u2019\u00e9ditrice, comme d\u2019autre part, partie de la multitude en tant que t\u00e9moin, l\u2019auteure rejoint avec ce livre les positions d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9crivaines et d\u2019\u00e9crivains o\u00f9 la question de \u00ab\u00a0la langue\u00a0\u00bb sans origine ni indexation territoriale supplante celle du \u00ab\u00a0style\u00a0\u00bb et ses fictions biographiques. En lieu et place d\u2019un r\u00e9cit \u00e0 la gloire des victimes, elle \u00e9crit donc un livre qui invite le lecteur \u00e0 se souvenir, et \u00e0 effectuer son propre montage, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un autre ouvrage paru quelques ann\u00e9es plus tard sous d\u2019autres latitudes\u00a0: <em>Le Bref \u00e9t\u00e9 de l\u2019anarchie<\/em>, de Magnus Enzenberger<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_15');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_15\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">15<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_15\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Ce dernier entendait \u00e9galement \u00e9crire une histoire collective de la guerre civile espagnole, \u00e0 partir de la vie de Buenaventura Durruti, figure de l\u2019anarchisme espagnol assassin\u00e9 par les fascistes en 1936. L\u00e0 aussi, il s\u2019agissait d\u2019\u00e9viter le r\u00e9cit \u00e0 la gloire du h\u00e9ros, pour restituer l\u2019histoire d\u2019une d\u00e9faite depuis la perspective, collective, des vaincus. Tout comme dans ce livre entrecoup\u00e9 d\u2019une s\u00e9rie de gloses introduisant chaque partie, Poniatowska entreprend, en tant qu\u2019\u00e9ditrice, des interventions br\u00e8ves mais d\u00e9terminantes, indiquant son positionnement. Le p\u00e9ritexte du livre \u2013 deux petites introductions ainsi qu\u2019une d\u00e9dicace \u00e0 son fr\u00e8re, tu\u00e9 en 1968 \u2013 \u00e9nonce clairement sa position.<\/p>\n<p>Pour la litt\u00e9rature, <em>La Nuit de Tlatelolco<\/em> ouvre la voie \u00e0 ce qui deviendrait un corpus litt\u00e9raire a posteriori qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0Novela del 68\u2019\u00a0\u00bb [le Roman de 1968], h\u00e9ritiers de Tlatelolco mais \u00e9galement de la contre-culture du mouvement de \u00ab\u00a0La Onda\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1960, riche en exp\u00e9rimentations litt\u00e9raires. Un ensemble de livres racontant l\u2019histoire du mouvement et du massacre avant que les historiens professionnels ne s\u2019en m\u00ealent.<\/p>\n<p>On pense \u00e0 Luis Gonz\u00e1lez de Alba, \u00e0 Carlos Monsiva\u00eds, \u00e0 Juan Garc\u00eda Ponce, auteurs \u00e9dit\u00e9s comme Poniatowska par les \u00e9ditions ERA, dont les maquettes \u00e9taient r\u00e9alis\u00e9es par l\u2019artiste Vicente Rojo, actif au sein de l\u2019Assembl\u00e9e des artistes et intellectuels constitu\u00e9e en solidarit\u00e9 avec le mouvement<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_16');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_16\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">16<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_16\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. Mais \u00e9galement \u00e0 Gustavo Sainz ou encore \u00e0 Vilma Fuentes auteure en 1988 d\u2019un livre, <em>Ayer es nunca jam\u00e1s<\/em> [<em>Hier ou plus jamais \u00e7a<\/em>], perp\u00e9tuant le souvenir de Tlatelolco depuis une perspective f\u00e9ministe. Un corpus enrichi au fil de temps t\u00e9moignant de la mani\u00e8re dont Tlatelolco continue d\u2019interroger la langue et ses limites \u00e0 raconter le pire.<\/p>\n<p>Mais peut-\u00eatre est-ce avec Roberto Bola\u00f1o, auteur en 1998 des <em>D\u00e9tectives sauvages<\/em><span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_17');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_17\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">17<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_17\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span> que la question sans r\u00e9ponse du livre de Poniatowska trouve sa forme la plus aboutie. Les d\u00e9tectives sauvages ou\u00a0une qu\u00eate sans issue substituant \u00e0 la chronologie et son trac\u00e9 lin\u00e9aire une structure topographique en spirale. Une d\u00e9rive depuis la ville de Mexico jusqu\u2019aux d\u00e9serts du nord pour s\u2019interroger sur la question de l\u2019ennui et du mal. Une partie de ce livre reprend d\u2019ailleurs l\u2019un des t\u00e9moignages recueillis par Poniatowska, o\u00f9 une femme, paralys\u00e9e de peur, reste pendant deux semaines enferm\u00e9e dans les toilettes de l\u2019universit\u00e9<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_18');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_18\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">18<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_18\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>. En 1999, Bola\u00f1o reprendra ce paragraphe pour en faire une nouvelle \u00e0 part enti\u00e8re, <em>Amuleto<\/em>. Une h\u00e9t\u00e9rotopie litt\u00e9raire \u00e9voquant la mani\u00e8re dont le massacre de Tlatelolco demeure hors de l\u2019histoire, comme s\u2019il \u00e9tait soustrait \u00e0 la logique du temps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-1572\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_4-720x1024.jpg\" alt=\"Graphica68_4\" width=\"690\" height=\"981\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>6<\/h4>\n<p>De m\u00eame que Tlatelolco ne fonde aucun r\u00e9cit national, aucun monument \u00e0 la gloire de l\u2019\u00e9v\u00e9nement n\u2019a jamais vu le jour. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d\u2019errance bureaucratique, le projet d\u2019un monument-m\u00e9morial \u00ab\u00a0La Grieta\u00a0\u00bb (La Fissure), souhait\u00e9 par le Comit\u00e9 68, fut abandonn\u00e9. Une proposition d\u2019anciens membres des grupos\u00a0(collectifs d\u2019artistes actifs \u00e0 Mexico dans les ann\u00e9es 1970 et qui, pour plusieurs d\u2019entre eux, avaient fait partie des brigadas graficas en 1968), fut s\u00e9lectionn\u00e9. Mais le projet ne put \u00eatre men\u00e9 \u00e0 bien, faute de fonds. Le critique d\u2019art Cuauht\u00e9moc Medina parlera \u00e0 ce sujet de \u00ab\u00a0monumentalit\u00e9 impossible<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_19');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_19\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">19<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_19\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>\u00a0\u00bb. Finalement, au mois d\u2019octobre 1993, une st\u00e8le est pos\u00e9e sur la place. Elle reproduit, \u00e0 partir d\u2019un dessin r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019artiste Arnulfo Aquino<span class=\"footnote_referrer\"><a onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_reference_1554_1_20');\" ><sup id=\"footnote_plugin_tooltip_1554_1_20\" class=\"footnote_plugin_tooltip_text\">20<\/sup><\/a><span id=\"footnote_plugin_tooltip_text_1554_1_20\" class=\"footnote_tooltip\"><\/span><\/span>, l\u2019un des motifs embl\u00e9matiques de la production graphique de 1968\u00a0: une colombe bless\u00e9e, d\u00e9tournement de la colombe de la paix utilis\u00e9e par la campagne de communication des Jeux olympiques d\u2019\u00e9t\u00e9. Le bas relief, en haut de la st\u00e8le, est suivi plus bas d\u2019une courte liste de noms de victimes, puis d\u2019une strophe du po\u00e8me de Rosario Castellanos \u00e9crit pour <em>La Noche<\/em>. Que ce po\u00e8me ait justement pour titre \u00ab\u00a0M\u00e9morial de Tlatelolco\u00a0\u00bb, devrait nous inviter \u00e0 reconna\u00eetre que les conditions pr\u00e9valant aussi bien \u00e0 la construction d\u2019un monument qu\u2019\u00e0 celle d\u2019une histoire officielle de 1968 ne sont d\u00e9finitivement pas r\u00e9unies.<\/p>\n<p>Tant que les conditions de l\u2019exercice de l\u2019\u00c9tat ne seront pas chang\u00e9es, que des noms ne seront pas attribu\u00e9s aux disparus ainsi qu\u2019aux responsables, ce m\u00e9morial ne pourra exister ailleurs que dans les po\u00e8mes, les livres et les images, l\u2019histoire orale et la m\u00e9moire collective, autrement dit, dans une s\u00e9rie d\u2019objets prenant en charge la m\u00e9moire du mouvement de mani\u00e8re fragmentaire et discontinue. Que ces symboles nationaux n\u2019existent pas aujourd\u2019hui n\u2019est sans doute pas \u00e0 regretter, mais cette absence n\u2019en est pas moins signe du risque que de semblables trag\u00e9dies continuent de survenir. Comme le rappelle dans son introduction Elena Poniatowska \u00ab\u00a0Sans v\u00e9rit\u00e9 et sans justice, le 2 octobre peut \u00e0 nouveau nous d\u00e9vaster\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elena Poniatowska, <em>La Nuit de Tlatelolco. Histoire orale d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em>, Toulouse\u00a0: \u00c9ditions Collectif des m\u00e9tiers de l\u2019\u00e9dition, coll. \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019ombre du maguey\u00a0\u00bb, 2014, 328 p., 25 euros.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-large wp-image-1570\" src=\"http:\/\/jefklak.org\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2015\/02\/Graphica68_2-705x1024.jpg\" alt=\"Graphica68_2\" width=\"690\" height=\"1002\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ILLUSTRATIONS : <span style=\"font-size: 11pt; line-height: 200%; font-family: Georgia;\">Grupo Mira, <i>La Grafica del 68. Homenaje al movimiento Estudiantil<\/i>, Mexico, UNAM\/ZURDA\/UVyD19\/ACADI, 1981<\/span>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 \u00c9COUTER SUR RADIO ZINZINE&nbsp;: une interview avec Elena Poniatowska sur son livre, dans lequel elle \u00e9voque aussi Ayotzinapa. <a href=\"http:\/\/www.zinzine.domainepublic.net\/index.php?theurl=emmission2.php&#038;id=2793\">T\u00e9l\u00e9chargeable ici<\/a> <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div class=\"speaker-mute footnotes_reference_container\"> <div class=\"footnote_container_prepare\"><p><span class=\"footnote_reference_container_label pointer\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_1554_1();\">Notes<\/span><span class=\"footnote_reference_container_collapse_button\" style=\"display: none;\" onclick=\"footnote_expand_collapse_reference_container_1554_1();\">[<a id=\"footnote_reference_container_collapse_button_1554_1\">+<\/a>]<\/span><\/p><\/div> <div id=\"footnote_references_container_1554_1\" style=\"\"> <table class=\"footnotes_table footnote-reference-container\"> <tbody> \r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_1');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_1\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>1<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Elena Poniatowska, <em>La Nuit de Tlatelolco. Histoire orale d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em>, Toulouse\u00a0: \u00c9ditions Collectif des m\u00e9tiers de l\u2019\u00e9dition, coll. \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019ombre du maguey\u00a0\u00bb, 2014, p. 303. \u00c9dition originale\u00a0: <em>La Noche de Tlatelolco. Testimonios de historia oral<\/em>, Mexico, Ediciones Era, serie Biblioteca Era, 1971.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_2');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_2\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>2<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> \u00ab\u00a0El 13 de agosto de 1521 heroicamente defendido por Cuauhtemoc, cayo Tlatelolco en poder de Hernan Cortes. No fue triunfo ni derrota fue el doloroso nacimiento del pueblo mestizo que es el mexico de hoy.\u00a0\u00bb<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_3');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_3\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>3<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Sur la disparition des 43 \u00e9tudiants de l\u2019\u00e9cole d\u2019Ayotzinapa, dans l\u2019\u00c9tat du Guerrero. Voir\u00a0<a href=\"http:\/\/jefklak.org\/?p=1338\">\u00ab\u00a0Gouverner par la mort\u00a0\u00bb<\/a>, John Gibler, Jef Klak et <a href=\"http:\/\/www.article11.info\/?Ayotzinapa-disparition-d-Etat=\">\u00ab\u00a0Ayotzinapa, disparition d\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb<\/a>, Article 11.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_4');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_4\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>4<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Homi Bhabha, <em>Les Lieux de la culture. Une th\u00e9orie postcoloniale<\/em>, Paris, Payot &amp; Rivages, 2007.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_5');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_5\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>5<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Ernest Renan, <em>Qu\u2019est-ce qu\u2019une nation\u00a0?<\/em>, Paris, Mille et une nuits, 1997 (1882).<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_6');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_6\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>6<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Par exemple page 97, \u00ab\u00a0F\u00e9lix Lucio Hernandez Gamundi, du CNH, prisonnier de Lecumberri\u00a0\u00bb. Poniatowska a chang\u00e9 les noms de ceux de ses interlocuteurs qui le souhaitaient.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_7');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_7\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>7<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> L\u2019une des \u00e9coles d\u2019art, avec La Esmeralda, o\u00f9 s\u2019organis\u00e8rent des \u00ab\u00a0brigades graphiques\u00a0\u00bb form\u00e9es par les \u00e9tudiants et leurs professeur-e-s produisant affiches, tracts, etc., pour la communication du mouvement.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_8');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_8\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>8<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Le parti s\u2019appelle d\u2019abord Le Parti national r\u00e9volutionnaire (1929), puis Parti de la r\u00e9volution mexicaine (1938), puis enfin Parti r\u00e9volutionnaire institutionnel.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_9');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_9\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>9<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> En novembre 2001, le pr\u00e9sident Vicente Fox (2000-2006, Parti d\u2019action nationale) annonce la cr\u00e9ation de la Fiscal\u00eda Especial para Movimientos Sociales y Pol\u00edticos del Pasado (tribunal sp\u00e9cial pour les mouvements sociaux et politiques du pass\u00e9) (Femospp) dont la mission serait de poursuivre en justice les responsables des assassinats et disparitions politiques de 1968 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019an 2000. Elle fut dissoute en 2006.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_10');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_10\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>10<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Elena Poniatowska, <em>op. cit.<\/em>, p. 274.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_11');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_11\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>11<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Travail d\u2019anthropologie historique qu\u2019entreprend exemplairement Alain Dewerpe, dont le titre inspire celui de cette traduction. Cf. <em>Charonne 8 f\u00e9vrier 1962. Anthropologie historique d\u2019un massacre d\u2019\u00c9tat<\/em>, Paris, Gallimard, Folio Histoire, 2006, p. 19.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_12');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_12\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>12<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> <em>Ibid.<\/em> p. 191.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_13');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_13\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>13<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Miguel Le\u00f3n-Portilla, <em>Visi\u00f3n de los vencidos. Relaciones ind\u00edgenas de la conquista<\/em>, Mexico, UNAM, 1992 (1959).<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_14');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_14\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>14<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Octavio Paz, \u00ab\u00a0Olympiade et Tlatelolco\u00a0\u00bb dans <em>Le Labyrinthe de la solitude suivi de Critique de la pyramide<\/em>, Paris, Gallimard, NFR Essais, 1972, p. 197.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_15');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_15\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>15<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Hans Magnus Enzensberger, <em>Le Bref \u00e9t\u00e9 de l\u2019anarchie. La vie et la mort de Buenaventura Durruti<\/em>, Paris, Gallimard, 1975.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_16');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_16\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>16<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> E. Poniatowska, <em>op. cit.<\/em>, p. 179.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_17');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_17\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>17<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Roberto Bola\u00f1o, <em>Los Detectives salvajes<\/em>, Barcelona, Anagrama, 1998.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_18');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_18\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>18<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> <em>Ibid.<\/em> p. 88-89.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_19');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_19\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>19<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> \u00ab\u00a0En torno al basurero de la historia. Algunas excursiones hacia el 68 en el arte contemporaneo\u00a0\u00bb, in <em>Memorial del 68<\/em>, Mexico, Turner\/UNAM, 2007, pp. 252-259.<\/td><\/tr>\r\n\r\n<tr class=\"footnotes_plugin_reference_row\"> <td class=\"footnote_plugin_index_combi pointer\"  onclick=\"footnote_moveToAnchor_1554_1('footnote_plugin_tooltip_1554_1_20');\"><a id=\"footnote_plugin_reference_1554_1_20\" class=\"footnote_backlink\"><span class=\"footnote_index_arrow\">&#8617;<\/span>20<\/a><\/td> <td class=\"footnote_plugin_text\"> Artiste actif au sein des brigadas gr\u00e1ficas de l\u2019\u00e9cole d\u2019arts plastiques de San Carlos, qui ensuite fonde avec d\u2019autres le groupe Mira \u00e9diteur de <em>La Gr\u00e1fica del 68\u2019<\/em>, une compilation de la production graphique du mouvement dont sont issues les gravures et dessins ici reproduits.<\/td><\/tr>\r\n\r\n <\/tbody> <\/table> <\/div><\/div><script type=\"text\/javascript\"> function footnote_expand_reference_container_1554_1() { jQuery('#footnote_references_container_1554_1').show(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_1554_1').text('\u2212'); } function footnote_collapse_reference_container_1554_1() { jQuery('#footnote_references_container_1554_1').hide(); jQuery('#footnote_reference_container_collapse_button_1554_1').text('+'); } function footnote_expand_collapse_reference_container_1554_1() { if (jQuery('#footnote_references_container_1554_1').is(':hidden')) { footnote_expand_reference_container_1554_1(); } else { footnote_collapse_reference_container_1554_1(); } } function footnote_moveToAnchor_1554_1(p_str_TargetID) { footnote_expand_reference_container_1554_1(); var l_obj_Target = jQuery('#' + p_str_TargetID); if (l_obj_Target.length) { jQuery('html, body').animate({ scrollTop: l_obj_Target.offset().top - window.innerHeight * 0.34 }, 380); } }<\/script>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 26 septembre 2014, le massacre d\u2019\u00e9tudiants \u00e0 Ayotzinapa a cruellement remis en lumi\u00e8re des logiques ancr\u00e9es dans le pouvoir d\u2019\u00c9tat et sa circulation dans la soci\u00e9t\u00e9 mexicaine. Le CMDE (Collectif des m\u00e9tiers de l\u2019\u00e9dition de Toulouse) publie et traduit, pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais, le livre culte de l\u2019\u00e9crivaine et journaliste mexicaine Elena [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1581,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"categories":[32],"tags":[],"class_list":["post-1554","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-controle-continu"],"wps_subtitle":"<em>La nuit de Tlatelolco<\/em> d\u2019Elena Poniatowska","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1554","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1554"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1554\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1554"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1554"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cloud.jefklak.org\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1554"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}